L’instruction du procès de
l’Europe pour crimes contre l’Humanité est terminée. Le procès peut maintenant
commencer. Nous sommes évidemment dans le camp de l’accusation. Notre réquisitoire
commencera ainsi :
L’Europe, nous le rappelons, est cette ancienne entité géographique arbitraire,
mieux connue aujourd’hui sous le nom de Péninsule Asiatique Extrême-Occidentale
ou encore PAEO. Les crimes de l’Europe — plus exactement de la portion rassemblée
autrefois sous le nom d’Union Européenne, dont nous vous épargnerons la liste
(mais vous pourrez la trouver en annexe de ce dossier ainsi que la plupart des pièces
écrites) à laquelle il faut ajouter le Royaume-Uni (nous exceptons la Serbie,
la Bosnie, l’Albanie, La Moldavie, indiscutablement situées en “Europe”, puisqu’elles
n’ont à aucun moment de leur histoire été des nations souveraines et ne peuvent
donc être tenues pour responsables des événements en cause bien que leur complicité
ne fasse aucun doute) — sont trop nombreux au cours de son histoire pour être
tous rappelés dans le cadre de ce procès. Nous citerons tout de même pour
l’édification de ces messieurs-dames de la Cour et du jury et pour montrer que
les accusés sont des récidivistes, ce qui est évidemment à ajouter aux
circonstance aggravante, les traites négrières, les régimes particulièrement
odieux des colonies, le génocide des Amérindiens, puisque nous considérons que
les divers États
d’Amérique ayant participé à ce génocide sont tous le fait d’immigrants
européens, au moins pour la classe dirigeante, celle qui justement nous
concerne dans le cadre de ce procès. Nous rappelons bien sûr les crimes nazis,
le génocide des juifs, des Tziganes et des Slaves. Nous ne reviendrons pas sur
ces faits d’Histoire peu contestables, en considérant peut-être injustement
pour les descendants des victimes qu’il y a prescription, soit parce qu’il y a
déjà eu procès (quoiqu’entièrement limité au génocide juif et à quelques
accusés qui ne pouvaient représenter la totalité des responsabilités) ou bien
en raison de l’ancienneté des faits. Notre accusation se limitera à porter à
l’attention de la Cour l’ensemble des actes des quatre cent quarante accusés
ici réunis qui ont présidés aux crimes de masse perpétrés dans le cadre du
« projet Ukraine » ou qui les ont favorisés. Nous limitons aussi le
rayon de notre accusation à l’Europe, pour le moment, étant parfaitement
conscient que d’autres nations pourraient être sur le même banc des accusés
avec autant de raison, ce que nous regrettons bien évidemment, mais nous ne
faisons pas ici un procès in absentia.
Le « projet Ukraine » ainsi appelé par ses maîtres d’œuvre, individus
tous situés dans un pays que nous ne nommerons pas, mais que nous nous
réservons le droit de faire comparaître à cette même barre dans un futur que
nous espérons proche, est né au début de ce millénaire. Son objectif déclaré,
qui figure dans nombre de pièces incontestables que vous trouverez dans le
dossier, était de transformer un jeune état fragile, très divisé dans ses
composantes ethniques, linguistiques et culturelles, en misant sur la forte
attirance d’une partie de sa population vers « l’Occident » et ses
bénéfices supposés, en arme contre l’adversaire désigné de longue date, la
Russie. Nous avons d’ailleurs appelé ce type de conflit « guerre par proxy »
puisque les vrais ordonnateurs ne participent pas directement aux actions militaires,
du moins théoriquement. Longtemps, il a été cru que cette animosité — remarquez
que nous employons ici un euphémisme — venait de ce que la Russie était d’un
point de vue purement géographique, l’élément majeur et central de la défunte
URSS, qui, comme vous le savez, a nourri des vues politiques très différentes
et pour ainsi dire opposées à celles de « l’Occident ». Nous savons
maintenant qu’il s’agissait d’une vision erronée. La cause de cette “animosité”
ne se trouvait pas dans des divergences d’opinion. La cause était plus
profonde, plus ancienne, plus viscérale. La Russie était jugée l’obstacle
majeur au contrôle intégral de la planète, ne serait-ce que parce qu’elle
occupait la plus grande portion du plus grand continent, l’Asie. Elle était un
obstacle au rêve ancien de ce qu’on appelle la civilisation occidentale à
devenir l’hégémon, le maître incontesté, celui qui fait les règles et les
impose aux autres, à tous les autres sans exception. Cet état d’esprit qui nous
étonne autant qu’il nous répugne aujourd’hui était pourtant si partagé et si
profondément enraciné dans la psyché des habitants d’Europe (et du pays que
nous ne nommerons pas) que ceux-ci le trouvaient non seulement naturel mais
encore souhaitable. En effet, les citoyens occidentaux ou qui s’identifiaient
comme tels bien que n’appartenant manifestement pas à des nations
« occidentales », se pensaient plus justes, plus libres, plus
honnêtes, plus intelligents, plus vertueux que toute autre population, toute
autre civilisation à n’importe quelle époque. Avec le recul, il semble
grotesque que des sociétés qui avaient commis autant de crimes de masse, plus
en vérité que toutes les autres nations du monde réunies, aient pu croire un
seul instant être porteurs de toutes ces qualités, et ceci, à un point jamais
atteint auparavant, mais tel était bien le cas. Nous pensons maintenant pour
expliquer ce paradoxe que l’ampleur même de leurs crimes, leur démesure, les
empêchaient de les regarder en face, collectivement parlant, d’en prendre, eh
bien justement la mesure, et ceci, estimons-nous, très délibérément. De toute
façon, cet aveuglement ne peut leur servir de circonstance atténuante, encore
moins de justificatif. Individuellement, les Européens étaient très capables de
reconnaître leurs torts et même de faire leur propre procès mais cela n’a
jamais été le cas de leurs entités dirigeantes, et pour cause ! Aussi
n’ont-ils jamais été jugés pour leurs crimes, avant ce jour.
Le projet Ukraine est le plus grand crime de masse commis par l’Europe ainsi
que nous l’avons définie plus tôt. Au-delà des simples chiffres, la méthode
nous semble particulièrement lâche, particulièrement odieuse, particulièrement
abjecte. Il est difficile d’avoir des mots trop forts pour qualifier ces actes.
L’Europe a considéré un pays entier et sa population comme de la simple matière
première, l’habitant ne valant pas plus que le fer ou le blé qu’il produisait.
Notez qu’il ne peut s’agir de racisme même si un préjugé général contre les
Slaves existait bel et bien. Non, il s’agit plus perversement encore de l’idée
que l’humanité ne valait ici qu’en tant qu’outil, un outil très utile certes
mais un outil de destruction, et donc voué à être sacrifié, de gré ou de force
(le plus souvent, dans la pratique, de force). La population indigène du
Banderistan (qui bien sûr a pratiquement disparu en dehors de quelques vieilles
femmes, de quelques infirmes vraiment trop infirmes et quelques bambins jugés
trop jeunes, de peu, à l’époque) a donc été réduite progressivement à un simple
rôle de matière première qu’on extrayait des campagnes ou des villes pour
alimenter sans cesse la machine de guerre, à un peuple divisé entre
garde-chiourmes et esclaves, ces derniers beaucoup plus nombreux que les
premiers, il va de soi. La première chose que les patrons occidentaux du Banderistan
ont décidé a été de mettre au pouvoir la classe la plus abjecte de ce pays, à
savoir les adeptes de Bandera et ses comparses, ces ardents disciples du
moustachu autrichien que nous ne nommerons pas pour ne pas polluer l’atmosphère
de cette noble institution, qui ont montré toutes leurs compétences d’assassins
de masse en Pologne et dans la partie de l’URSS qu’on appelle parfois encore
l’Ukraine. Avec leur expérience du nazisme originel, ils savaient que ce type
de recrues étaient les meilleures qu’ils pouvaient trouver pour transformer le
pays selon leurs désirs : on n’a jamais trouvé mieux qu’une horde
fanatisée, aux penchants déclarés pour la violence et lourdement armée,
chantant les hymnes du troisième Reich, pour attaquer la Russie. Est-ce que les
patrons occidentaux espéraient que cette armée gagne contre les Russes ?
Même pas. Ils n’avaient presque aucun doute qu’ils seraient broyés au final dans
l’opération. Peu importe, l’important était d’infliger de telles pertes humaines,
matérielles et économiques à l’ennemi juré qu’il serait ensuite facile à
subjuguer par les méthodes habituelles, nominalement « liberté et
démocratie »… plus quelques milliers de bombes.
Le plan a échoué. Le projet Ukraine s’est terminé comme s’est terminé le
troisième Reich, dans un paysage lugubre d’apocalypse. Nous ne croyons
évidemment pas que la disparition de tant de criminels dédouane les
commanditaires, le moins du monde. Nous croyons au contraire qu’il est
d’utilité publique, qu’il est de notre devoir que les véritables décideurs et
pas seulement les sous-fifres bandéristes, soient jugés et condamnés pour leurs
actions. Nous rappelons à la Cour que la population d’Ukraine lors de son
indépendance (très brève avant de tomber sous le joug de patrons occidentaux)
après l’auto-dissolution de l’URSS était de 52 millions d’habitants (pièce n°1597
de l’annexe). En 2014, lors de la prise de contrôle du pays par la puissance
occidentale que nous ne nommons pas, à l’aide de son mode opératoire préféré,
le coup d’État, la
population était encore d’une grosse quarantaine de millions. Au début de l’an 2026,
après quatre ans de guerre, elle était tombée à 28 millions pour la partie
restante sous le contrôle du régime bandériste, et bien sûr de ses patrons
occidentaux. Aujourd’hui, on parle sans grande exagération de la disparition
des indigènes du Banderistan (pays qui d’ailleurs a disparu lui aussi). Si ces
massacres et ces taux de mortalité incroyables dus à la guerre bien sûr mais
aussi aux exécutions en dehors de toute espèce de légalité, à la famine, au
froid, à l’absence de traitements médicaux, avaient pour racine une motivation
raciale, nous parlerions alors du plus parfait génocide réalisé à ce jour sur
cette planète. Mais nous n’emploierons pas ce terme, par soucis de précision
légale. Nous nous contenterons de qualifier ces événements du plus grand crime
contre l’Humanité commis par l’Europe dans ce millénaire. Et tout cela pour
quoi ? Pour rien.
Passons maintenant à la partie la plus répugnante du dossier et nous nous
excusons par avance pour ce que notre audience va devoir supporter. Il faut en
effet décrire dans le détail le système mis en place par les différents agents
de l’Occident, avec le concours très zélé du pseudo-gouvernement bandériste,
pour réaliser la nature absolument perverse des 440 accusés ici présents. D’une
manière générale, l’administration bandériste a servi dans l’opération de
simple courroie de transmission. Sa nature xénophobe, violente, fanatique et
profondément corrompue était parfaite pour le « job », comme disent
les agents de ce pays que nous ne nommons pas. Une fois encore l’exemple du
troisième Reich nous vient à la bouche et de son leader moustachu que nous ne
nommons pas. La première chose à faire pour utiliser au mieux la matière
humaine présente encore dans le pays (beaucoup heureusement avaient fui,
malheureusement pour moitié dans les divers pays de l’UE, ce qui s’avéra par la
suite une décision des plus funestes) fut, comme on le devine, de fermer le
pays, non pas pour que les étrangers n’y rentrent pas, comme c’est le but
habituel des frontières, mais pour que les autochtones n’en échappent pas.
Diverses lois furent ainsi prises pour interdire le passage d’abord des
ukrainiens mâles d’âge mobilisables, puis de tous les mâles sans limite d’âge
puisque les bébés étaient perçus comme de futurs combattants dans cette guerre
« éternelle », puis des femmes d’âge mobilisables, y compris
enceintes, puis de toute la population sans exception. En fait, il y avait bien
des exceptions, que l’on pourrait appeler des “indulgences”. Ces indulgences
très coûteuses, de plus en plus à mesure que durait la guerre, étaient donc de
facto réservées aux plus riches familles qui pouvaient ainsi payer pour
dispenser leurs rejetons ou bien eux-mêmes d’aller se sacrifier pour « les
valeurs européennes ». Ces valeurs, comme la liberté et la démocratie,
leur étaient d’ailleurs parfaitement étrangères puisqu’il n’y avait plus qu’un
parti dans le pays, celui des Bandéristes, que tous les opposants politiques
étaient en prison, ou envoyés au front pour y mourir ou partis en exil et que,
de liberté, il n’y en avait bien entendu pas l’ombre. Afin de parfaire
l’efficacité de cet immense camp de concentration, puis d’extermination, des
clôtures furent érigées sur toutes les frontières sensibles, en particulier
vers la Roumanie avec des vigies, des gardes mobiles, des chiens, des canots à
moteur pour patrouiller les rivières limitrophes et une armée de drones de
surveillance d’abord puis d’exécution sans procès ensuite. Les fuyards repris
étaient soit abattus sur le champ ou plus souvent envoyés après avoir subi les
plus grandes violences vers le front, à un endroit où l’on savait qu’ils ne
survivraient pas plus de vingt-quatre heures, sauf miracles (et les miracles sont
rares, surtout à cette époque). La frontière Nord était jugée plus sûre, des
marécages mortels servant de dissuasion. Au Sud était la mer, difficile à
passer, puisqu’il est très facile de repérer un évadé sur son esquif ou sa planche
à voile alors que le ciel grouille de drones. Quant à la frontière Est, c’était
la plus sûre de toutes puisque c’était le front , une frontière mouvante, qui
progressait lentement vers l’ouest, comme la paroi d’une cage à pointes qui se
rétrécit.
Pour que le système de stockage et d’envoi continu de la chair à canon vers le
front soit aussi fluide qu’un tapis roulant d’abattoir, il fallait disposer
naturellement d’une importante main d’œuvre locale pour l’encadrer. Les
volontaires ne manquaient pas, d’autant qu’il y avait de moins en moins de
jobs, qui plus est aussi bien payés (par le contribuable européen). Ces garde-chiourmes
ou ces recruteurs de choc étaient généralement trouvés parmi les Ukrainiens de
tendance bandériste mais pas seulement. On se rappellera à ce sujet que bien
des matons dans les camps de la mort nazis étaient des juifs. Naturellement,
ces volontaires pour garder ou chasser leurs semblables, comme on chasse du
bétail dans un vaste ranch, furent souvent à leur tour, surtout vers la fin de
la guerre, envoyés à leur vers leur destination finale : le front. Tel est
le salaire du lâche et du traitre, du boucher sanguinaire situé vers le bas de
la chaîne alimentaire. La police servait de soutien à ces groupes de recruteurs
sauvages, servant comme toujours dans ces cas-là d’alibi légal et de protecteurs
des bandits. Les tétséka comme on les appelait localement, ainsi que les
policiers, étaient d’ailleurs objet de haine et de mépris, à tel point qu’il a
été difficile d’en trouver encore quelque uns de vivants après les grandes
purges d’après-guerre pour témoigner dans ce procès (pièces n°149 à 163). La
vie ou plutôt la survie dans le Banderistan était une incertitude constante
pour un chômeur, un ouvrier ou employé ordinaire, un pauvre quoi : vous
pouviez être arrêté à n’importe quel moment, y compris la nuit, à n’importe
quel lieu, y compris chez vous, après que la porte ait été forcée, par
n’importe qui, souvent en habit civil et masqué, y compris par votre voisin ou
votre ancien ami qui venait sans que vous le sachiez de s’engager chez les
Tétséka, puis vous étiez roué de coups pour quelque raison ou même sans raison,
humilié, obligé d’entonner l’hymne à la gloire du grand Bandera avant de vous
retrouver dans un bus de haute sécurité, les poignets menottés, direction le
front. Quant aux femmes, surtout jeunes, leur sort était encore pire
puisqu’elles servaient de repos du guerrier aux cadres de l’armée, avant d’être
envoyées elles aussi au front pour s’assurer de leur silence éternel. Grâce aux
Russes, nettement plus compréhensifs et magnanimes dans l’ensemble envers ce
type de soldats involontaires qu’envers le militant bandériste ou le mercenaire
étranger, nous avons heureusement quantité de témoignages d’anciens prisonniers
de guerre à notre disposition pour documenter ces faits (pièces n°312 à 476).
Il faut comprendre le Banderistan comme un État occupé par des forces étrangères, même si ces
forces ne se trouvaient pas sur place, exceptés quelques représentants qu’on
pouvait croiser dans les hôtels chics ou à la sortie de bunkers VIP. Les grands
patrons se trouvaient à l’étranger, tranquillement assis dans leur fauteuil à
fumer des havanes ou à siroter du whisky hors d’âge, oui ceux-là même qui,
occupent la tribune des accusés, avec leurs allures de midinettes et de
comptables. De là, ils donnaient les ordres, exigeaient que davantage
d’ukrainiens aillent dans les tranchées pour « la paix, la démocratie et
la liberté », qu’on abaisse l’âge de la mobilisation à vingt-quatre,
vingt, dix-huit et puis pourquoi pas seize ans puisque ma foi un ado peut très
bien démonter et remonter une arme (c’est très amusant à cet âge), qu’on n’oublie
surtout pas les femmes, (après tout c’est la parité qu’on défend là), et
éventuellement les retraités qui au lieu de se promener sans but peuvent
toujours porter un fusil (s’ils ne peuvent plus courir, c’est encore mieux, ils
ne déserteront pas). De temps en temps, ces grands patrons venaient en grandes
pompes sur place vérifier la bonne utilisation de leurs deniers (simple façon
de dire puisqu’il s’agissait en réalité toujours des deniers publics) et
surtout que les flux financiers n’allaient pas dans un seul sens. Car
naturellement, les schémas du circuit des armes devaient toujours revenir pour
partie sous forme sonnante et trébuchante dans leurs poches, tout à fait
privées, elles. Rien de neuf sous le soleil, cela s’est fait à toutes les
époques, vous nous ferez remarquer. En effet, c’est juste que l’odeur
nauséabonde est encore un peu plus forte dans le cas que nous jugeons et voici
pourquoi.
Combien de morts, combiens de blessés, combien d’infirmes, combien d’orphelins
sans ressource, combien de ménages détruits, combien d’anciens combattants
abandonnés, jetés à la rue faute de pouvoir travailler ont résulté de cette
guerre parfaitement évitable ? Un million ? Deux millions ? Non
il faut multiplier ce nombre par quatre, par dix, par trente. Eh bien, on ne le
croirait pas à les regarder ici, si proprets, si ordinaires, si polis mais à
aucun moment ils n’y pensaient. À
aucun moment. Combien de fois ils auraient pu arrêter les massacres, avant
même qu’ils n’aient débuté pour de bon ? Il aurait suffi pour cela qu’ils
respectent les accords qu’ils avaient eux-mêmes signés de Minsk I puis Minsk II
mais au lieu de quoi ils se sont vantés, oui vous entendez bien
messieurs-dames, ils se sont vantés de n’avoir jamais eu l’intention de les
respecter et de se servir du temps gagné pour construire une puissante armée
contre la Russie. Ces responsables sont tous ici, devant vous, avec leurs yeux
de hiboux effarés. Combien de fois ils auraient pu arrêter les massacres voyant
qu’aucun de leurs buts n’étaient atteint, vous savez, l’affaiblissement
militaire et économique de la Russie, ou encore l’avènement de « la
liberté et la démocratie » chez ces arriérés de Slaves ? Combien de
fois ? pas une, pas deux, pas trois mais dix fois, vingt fois et toujours
leur même réponse : non à la paix, oui à la guerre, encore plus de guerre,
« jusqu’au dernier Ukrainien » tel était devenu de facto leur
leitmotiv préféré. Et si vous aviez l’audace de protester, au sein même de ces
temples de « Démocratie et de Liberté » ces messieurs dames si polis,
si bien élevés, si élégants avec leurs costumes Pierre Cardin ou Coco Chanel ,
ils vous traitaient aussitôt de lâches, de traîtres, de vendus à Poutine !
Ah, ils n’avaient pas de mot assez dur pour ces individus qui refusaient
d’aller mourir pour « la liberté, la démocratie » et autres valeurs
supérieures. Et ce n’est pas tout, tandis qu’ils assuraient la main sur le cœur
et le sourire aux lèvres (ah, ils sourient moins aujourd’hui !) de la
bonne utilisation de l’argent et de l’armement envoyés, c’était leur propre peuple
qui s’appauvrissait et maigrissait à vue d’œil, qui se retrouvait sans défense.
Pas seulement le peuple ukrainien donc, et ces autres slaves « demeurés »
mais tous les peuples d’Europe dans leur ensemble, sauf bien sûr et
précisément, les Russes. Tout devenait plus cher, beaucoup plus cher. Eh bien
croyez-vous que ces faits indiscutables, tellement documentés que l’annexe qui
concerne seulement cette partie de l’affaire dépasse les mille pages,
croyez-vous que cela les a dissuadés de continuer dans la même direction ?
Après tout, s’ils étaient indifférents aux souffrances des Slaves, des esclaves
nés, on aurait pu croire qu’ils se souciaient davantage de leurs peuples…
Quelle erreur ! Regardez avec quelle morgue, quelle peur, quelle haine,
ils nous regardent, nous, représentants de la justice populaire. « Le
peuple c’est bon pour aller au cirque, c’est bon pour les tranchées, c’est très
bon comme cher à canon, mais comme électeur ça ne vaut rien, ça ne comprend
rien, ça ne peut évidemment pas comprendre la hauteur de vues qui sont les
nôtres ! » : voilà ce qu’ils pensaient et qu’ils pensent
toujours en ce moment. Vous voyez, à une époque, on critiquait les dirigeants soviétiques
pour affirmer qu’ils savaient mieux que vous quel était votre bonheur. Mais
ceux-là sont pires, ils ne se soucient absolument pas de votre bonheur, de
votre santé encore moins. Au contraire, combien de fois, ils vous ont demandé
la main sur le cœur de faire plus de sacrifices, encore plus de sacrifices, de
renoncer à ceci, à cela, puis à tous vos droits « acquis »
c’est-à-dire que vous croyiez acquis, pauvres naïfs ! Et eux, pendant ce
temps, ont-ils renoncé à quelque chose, ont-ils fait des sacrifices ? Nous
laissons le jury répondre tout seul à ces questions.
La vérité, la triste vérité mais l’incontournable vérité est qu’ils se sont
enrichis. Pas seulement les accusés mais aussi les patrons de ce pays que nous
ne nommons pas, mais aussi l’encadrement de ce gigantesque camp d’extermination
qui a porté le nom d’Ukraine. Les peuples d’Europe se sont terriblement
appauvris dans leur immense majorité, au point de faire partie, disons-le
clairement, de ces nouveaux pays en voie de sous-développement, Les NVPSD, ou
encore les FAIBLE comme France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Espagne ;
le peuple d’Ukraine ainsi qu’une bonne part des des Polonais, des Estoniens,
des Lithuaniens, des Lettons, des Moldaves, des Tchèques, des Macédoniens, Slaves
ou pas (mais nous n’invoquons pas la motivation raciale, souvenez-vous-en messieurs-dames)
ont quant à eux tout bonnement disparu. Si l’origine nationale était une
espèce, on les classerait dans les espèces disparues ou en voie de disparition.
Et nous ne parlons même pas des centaines de milliers de Colombiens, de
Brésiliens, d’Équatoriens,
de Mexicains qui ont été achetés par l’Europe et cet autre pays que nous ne
nommons pas pour alimenter la meule à broyer la matière humaine quand il n’est plus
rester assez d’Ukrainiens, de Polonais, de Tchèques et autres Slaves à jeter en
pâture au dieu Moloch, Moloch le seul dieu qui reste pour ceux qui ne croient
plus en rien, qui ont perdu tout sens moral, et que certains affublent d’un autre
nom que nous ne prononcerons pas dans cette noble enceinte. Dans tous les pays
cités, les pauvres ont pratiquement disparu, pas parce qu’ils se sont enrichis
ave le salaire de la honte, mais juste parce qu’ils sont morts, enterrés, si du
moins on peut parler d’enterrement quand vous avez été répandu en mille
morceaux dans un rayon de cent mètres à la ronde. Nous pourrions vous montrer
des images, il en existe une quantité invraisemblable et nous pouvons vous
assurer qu’il n’y a eu aucun trucage, aucune IA impliquée dedans. Si les
pauvres étaient une race et non une classe, nous parlerions en ce moment de
génocide. Puis, les classes moyennes ont disparu à leur tour parce qu’elles
occupent dorénavant la place laissée vacante par les anciens pauvres, ici-même
en Europe, l’Europe des Lumières, de la richesse, des hautes valeurs
civilisationnelles. Certains, moins d’1 % de la population, se sont enrichis
dans le même temps, ont multiplié leur fortune par deux, par quatre par dix par
cent, par mille pour quelques-uns et nous en avons un bel échantillon rassemblé
ici, après beaucoup de difficultés vu qu’ils s’étaient échappés aux quatre
coins du monde. En Ukraine, il n’y a jamais eu autant de multi millionnaires et
de milliardaires qu’au milieu de la guerre, pas en grivnas, cette monnaie de
singe, mais en Euros, en Dollars étasuniens. Et comment ont-ils collecté de
pareilles sommes ? En détournant une partie des armes, en gonflant artificiellement
leur prix de sorte qu’ils pouvaient empocher une partie de la différence et
renvoyer l’autre à leurs généreux patrons. Mais pas seulement. Le recrutement
de la matière humaine était un énorme business : on pouvait recevoir
l’argent de dispense de service au front ou même de tout service, ce qu’il faut
appeler plus correctement l’argent des rançons, on pouvait gagner beaucoup d’argent
comme les anciens chasseurs de prime du pays que nous ne nommons pas pour
attraper n’importe quel sous-citoyen, n’importe quel esclave puisque la carte
d’identité ukrainienne était devenue une simple marque d’esclave ; on
pouvait en gagner encore plus si on était un chef d’unité de commandement dans
l’armée bandériste et que la chair fraîche, l’esclave promu soldat
disparaissait pour une raison ou une autre ; alors il suffisait pour cet
heureux récipiendaire de la solde du dit soldat de ne pas déclarer la
disparition du dit soldat et de continuer aussi longtemps que possible de
toucher cette somme. Ce schéma de corruption était connu de tous les partis
impliqués et cela convenait à tout le monde : il faut bien récompenser les
cadres de l’armée et cela évite aux cadres politiques d’avoir à payer primes et
pensions à la veuve et aux orphelins. De plus cela diminuait considérablement
les statistiques intérieures des pertes au combat, même si personne n’état dupe
en haut-lieu (l’essentiel est que le peuple abruti soit maintenu dans son
abrutissement, n’est-ce pas ?). Ah quel bon temps pour ces messieurs-dames
ici présents dans la tribune des accusés ! Les flots de sang ne sont rien
pour ceux qui en tirent des flots d’argent ! Leurs larmes de crocodile,
versées après coup, n’impressionnent personne ici.
Rappelons-nous ces sacro-saintes valeurs qu’ils ont sans cesse à la
bouche : liberté, démocratie, égalité, fraternité. Ont-ils fait faire un
seul progrès dans ce sens ? Bien sûr que non. C’est tout l’inverse. La
démocratie n’est jamais apparue dans le pays qu’on appelait l’Ukraine. Bien au
contraire, elle a été étouffée dans l’œuf et une dictature du type le plus
totalitaire s’est progressivement mis en place, réduisant la majorité des
citoyens au rôle d’esclave sans droit mais avec un devoir obligatoire, celui
d’aller se faire tuer. La démocratie a progressivement disparu des autres pays
d’Europe, devant la réticence des citoyens de plus en plus manifeste à mourir
pour « la liberté et la démocratie ». Quant à l’égalité, la
fraternité, elles n’existaient que pour être sûr que tout le monde sans
exception irait se sacrifier pour le bonheur des élus, dont nous avons ici un
bel échantillon rassemblé. Regardez encore une fois leurs yeux de hibou, tandis
qu’ils nous écoutent, leur mine de vampires qui voient luire à l’horizon les
premières lueurs de l’aube.
Alors la défense de ces valeurs a-t-elle été jamais le but véritable de cette
guerre, messieurs-dames, je vous le demande ? Est-ce que la défense de
leurs pays a jamais été leur but alors que la Russie ne les a jamais attaqués
et quand durant tous leurs mandats de Président, de Premier ministre, de
Chancellier, de ministre, de Secrétaire Général, de commissaire, de haute-représentante,
de Chef d’État-major,
leurs propres pays n’ont cessé de s’appauvrir, de perdre leurs moyens de
défense, de perdre leurs bénéfices sociaux ? Ou bien est-ce que cela n’a
pas été toujours un masque, pour dissimuler le véritable objectif qui était leur
enrichissement personnel ainsi que de leur famille ? ce sont les questions
auxquelles nous vous demandons de répondre en votre âme et conscience.
Ces criminels que vous regardez aujourd’hui droit dans les yeux, je dois vous
le dire messieurs-dames les jurés, n’ont pas de sang sur les mains, pas une
goutte, même s’ils ont l’air de vampires traînés au soleil. D’autres le
versaient à leur place. Ces criminels dépravés n’ont jamais porté une
arme ; d’autres le faisaient à leur place. Ces criminels dépravés n’ont
jamais écrit ou signé un ordre de leur main conduisant directement à la mort,
de dizaines, de centaines de milliers, de millions de personnes. Mais nous
avons tous les témoignages dont nous avions besoin, et même beaucoup plus qu’il
n’en fallait, que c’était bien d’eux que venaient les ordres et l’argent et
l’armement et les munitions. Est-ce que ce n’est pas suffisant selon vous,
messieurs-dames les jurés pour rendre un verdict de culpabilité de crimes de
masse contre l’Humanité ? Non seulement, nous ne leur offrirons pas le
bénéfice des circonstances atténuantes mais si vous les reconnaissez coupables et
responsables des faits reprochés, nous demanderons à la Cour qu’ils partagent le
châtiment des couards, des lâches, des traîtres, des plus basses racailles, des
soudards violeurs d’adolescentes, des assassins d’enfant, des cannibales, des
plus abominables criminels que notre Terre ait porté !
Merci de votre attention.





