dimanche 1 novembre 2026

La guerre vue par les écrivains et les cinéastes


    Je pense qu’on peut rentrer cet article dans la catégorie des actualités, tant il y a de matière ces derniers temps, grâce au concours inégalé dans l’Histoire de cette planète d’un pays compris entre le Mexique et le Canada que je ne nommerais toujours pas. Une autre observation préliminaire que l’on peut rentrer dans la catégorie bien connue des vérités dérangeantes est que la guerre inspire ou a inspiré le meilleur de certains des plus grands écrivains et cinéastes. La guerre est romanesque dans le sens le plus précis (et le seul valable) à savoir qu’elle fournit nombre de protagonistes et d’antagonistes, avec toutes les histoires possibles qui s’ensuivent. La guerre est incontestablement photogénique, y compris dans son horreur ; il suffit pour s’en convaincre, si besoin était, de regarder quelques-unes de ces innombrables vidéos disponibles sur l’Internet montrant des scènes réelles de bataille ou d’explosions ayant cours actuellement. Ces images n’ont à peu près aucun intérêt informatif, à moins d’être spécialiste dans une des branches de l’art militaire, et d’avoir des contacts fiables sur le terrain, mais il est certain qu’elles proposent un spectacle dramatique difficilement substituable. Et si l’une des guerres en cours devait devenir atomique, je suis sûr que des chaînes survivantes nous proposeraient des films encore plus spectaculaires.
Les déclarations d’intention pacifique ne servent à rien. La guerre existe et existera en tout temps, dans tous les mondes possibles, tant qu’il y aura des hommes (femmes incluses). Pourquoi ? Comme je l’ai dit déjà, ici par exemple, une autre vérité dérangeante est que la guerre est en fait le seul moyen pour nous autres humains de remettre les pendules à l’heure, de réétalonner la boussole quand elle a perdu le Nord, d’opérer un reset général, de changer les systèmes devenus non efficients, voire totalement obsolètes. C’est déplorable mais c’est le monde dans lequel on vit. J’insiste sur le fait que la guerre n’est pas un moyen parmi d’autres d’obtenir cette remise à l’heure mais le seul que nous avons, le seul qui marche, si on ose dire, et c’est pourquoi nous finissons toujours par y arriver, de gré ou de force. Plus la guerre est intense, plus un changement important a des chances d’avoir lieu, en bien ou en mal. Il n’y a pas d’échelle officielle de l’intensité d’une guerre. Personnellement, je proposerais de l’appeler l’échelle Russe, une échelle ouverte comme dans le modèle de Richter pour les séismes. Russe par ce que les Russes sont les maîtres de l’escalade militaire. Il est difficile d’imaginer progression plus millimétrée, plus méthodique, plus froide, plus rationnelle que leur escalade dans la guerre qu’ils mènent (et qu’on les a obligés à mener) contre l’Occident collectif. Et pourquoi ? Parce qu’ils savent que l’Occident ne pourra pas les suivre longtemps dans cette lente mais incessante augmentation des enjeux et que ce dernier jettera les cartes bien avant d’arriver au niveau 9 ou 10. L’Occident est comme un joueur de poker avec deux paires contre une quinte flush. La Russie sait ce qu’elle a dans la main et sait ce que ses adversaires, y compris et surtout leur maître d’Outre-Atlantique, ont dans leur main : aucun bluff ne marchera. L’échelle de la guerre en Europe, au Banderistan ou dans le Golfe est très différente selon l’endroit où on se situe. Pour les bienheureux Eurozonés, le Royaume-Uni et les autres laquais de l’Empire (comme le Canada tout dernièrement a pu le vérifier), c’est encore l’échelle 1 (des explosions ou incendies officiellement qualifiés d’accidentels mais de plus en plus fréquents dans des usines d’armement ou autres installations pouvant avoir des utilisations militaires). Le niveau 2 peut être illustré par la situation de la Russie : des dégâts graves, mais rien de sérieux dirons-nous. Pour les Ukrainiens de l’Ouest, on est à la force 3 de l’échelle Russe, avec des explosions régulières non seulement d’usines d’intérêt militaire mais de toute installation pouvant servir à la logistique avec en prime la destruction de plus en plus systématique des divers actifs occidentaux présents dans cette partie de l’Ukraine, comme Amazon pour ne prendre qu’un exemple (le niveau atteint ici sur cette échelle est à peu près similaire aux divers pays du Golfe soumis aux missiles et drones Iraniens ou Yéménites, dirigés par des satellites russes, avec du personnel russe comme instructeur). Pour les Ukrainiens à l’est du Dniepr ou à cheval sur le Dniepr ou ceux d’Adiessa (Odessa correctement prononcé), le niveau est déjà arrivé au niveau 6 de l’échelle Russe : en plus de ce qui a déjà été compté, on a une destruction systématique des communications, maritimes (bateaux, tout type en dehors des barques, mais aussi installations portuaires) comme terrestres (locomotives par centaines, camions citernes ou cargo indénombrables), destruction des principaux ponts, destruction des infrastructures énergétiques, jusqu’au vendeur au détail (stations-service par centaines, déjà entièrement disparues autour de Hrarkov, Pavlograd, Soumy…), destruction des data-centers, destruction des nœuds de communication (comme Internet), destruction des entrepôt et hypermarchés suspectés de stocker des armements, ciblage de plus en plus régulier des centre de recrutement de l’armée et même des postes de police (puisque celle-ci sert d’appui aux recruteurs), des hôtels de luxe qui servent de logis temporaire aux officiers ukrainiens et surtout otasuniens (rien n’est plus facile pour les renseignement russes que d’obtenir ce type d’information en Ukraine et particulièrement au sud ou à l’est où… tout le monde parle russe). Notons que chacune des petites escalades successives de la Russie est une mesure miroir des opérations otasuniennes sur le territoire russe, mais auxquelles ont été appliqué un coefficient multiplicateur de 10. Il ne fait aucun doute que la vie est d’ores et déjà très précaire dans les régions ciblées, quelle que soit vos vues politiques ou votre place dans la société, si on peut encore appeler ça une société. Dans la zone étroite qui jouxte la ligne de front, une bande d’environ 20 km de large, le niveau est dangereusement proche de 9. Tout ce qui a été dit reste vrai mais on doit ajouter les vols de drones incessants, les tirs d’artillerie, les arrivées de bombes planantes au pouvoir de destruction maximal dans le cadre d’une guerre conventionnelle, plus les opérations de sabotage et de reconnaissance qui viennent sans cesse ajouter au stress général. Cette zone est selon moi presque comparable aux grandes batailles de la seconde guerre mondiale avec une différence importante toutefois : les civils ne sont pas ciblés, contrairement aux massacres de masse entièrement délibérés, conçus par l’État-major nazi comme une méthode acceptable pour dissuader la résistance de la population civile envahie (tout à fait similaire à la méthode israélienne actuelle à Gaza ou au sud Liban qui sont sans discussion au niveau 9). Au-dessus, il ne reste que le niveau 10, qui démarre avec Nagasaki et Hiroshima, mais qui peut faire évidemment beaucoup mieux, n’en doutons pas (c’est pour ça que l’échelle est ouverte).
Eh bien, on voit qu’il reste de la marge pour les Russes avant la guerre totale qui leur est promise régulièrement par certains énergumènes incompétents et irresponsables, que ce soit le bébé géant à Washington ou le derviche tourneur national.
Petite parenthèse concernant le bébé géant, Trump pour ne pas le nommer. Il ne faut pas lui jeter l’opprobre pour ce qui ne lui appartient pas. Les USA ne sont pas Rome et Trump n’est pas César, ni aucun des présidents des USA. Comme je l’ai indiqué dans un article récent, le pouvoir aux USA est une chose des plus fragmentées et la personne titulaire du poste de « Maître du monde », comme dirait l’énergumène déjà cité, assis à la Maison Blanche, ne détient en réalité qu’une minuscule fraction du pouvoir réel. Je l’ai évaluée à 5%. C’est un chiffre arbitraire évidemment mais c’est le bon ordre de grandeur. Et le reste du gouvernement ne vaut pas davantage. On pourrait croire que c’est une vertu dans le cadre d’une démocratie, au nom de la séparation des pouvoirs. Absolument pas. Cela signifie seulement que ceux que vous élisez n’ont pas le véritable pouvoir, ou bien une fraction si petite qu’on peut la considérer comme négligeable. Et que tout le reste va à des gens que vous n’élisez pas, que vous ne connaissez peut-être même pas. En réalité, les USA sont une des formes de démocratie les plus faibles qu’on ait inventée concernant le contrôle du pouvoir exécutif par le peuple. Cela explique les difficultés insurmontables que rencontre Trump pour se sortir du bourbier ukrainien par exemple. Trump est un escroc, un menteur, un type très vulgaire mais il n’est pas idiot ; il sait parfaitement que ces guerres sont en train de détruire ses perspectives électorales et d’entacher sa postérité d’homme d’État ? Le peuple étasunien est lui, pris en gros, un idiot, mais il n’est pas assez idiot pour ne pas faire un lien entre ces guerres (Ukraine, Iran) et les prix qui ne cessent de grimper par chez eux. Mais Trump ne peut arrêter la guerre, ni même arrêter l’aide que fournit son propre pays au Banderistan. Il ne peut pas davantage arrêter la guerre contre l’Iran, qu’il a lui-même autorisée, persuadé par ses services de renseignement (et ceux d’Israël) qu’elle serait comme une promenade dans un parc. Dans les deux cas, la CIA et les différents sponsors va-t-en guerre font comme il leur chante. Quand Trump propose un deal au Kremlin concernant le Banderistan et que Radcliffe, le directeur de la CIA passe derrière pour menacer de devenir vraiment très méchant (ouh, ouh, ils ont fait au Kremlin avant de lui refermer la porte sur le nez), c’est souvent interprété comme une tromperie délibérée de Trump ; non, c’est juste une nouvelle preuve de l’impuissance d’un président des USA par rapport à cette officine non élue et qui sempble n’avoir de compte à rendre à personne. Dans le cas de l’Iran, ce n’est pas tant la CIA que tous les lobbies génocidaires pro-israéliens qui mènent la danse (et ce n’est pas ça qui manque aux USA, chez les bleus comme chez les rouges). Et ce fait, ce pouvoir fractionné, contradictoire et pratiquement illisible, rend très difficile pour l’adversaire de concevoir une réponse appropriée. Tout accord avec les USA devient sujet à caution puisqu’une des parties du pouvoir étasunien peut à tout moment la remettre en question ou même n’en tenir aucun compte ! C’est un problème pour l’adversaire certes, qu’il soit Russe ou Iranien, mais ça l’est encore plus pour les USA. Quand votre parole ne vaut plus rien, quelle qu’en soit la raison, votre diplomatie est morte. Et il ne reste que la guerre et l’espoir toujours plus chimérique que du chaos sortira un seul vainqueur : les USA. Fin de la parenthèse.
Etant donnée l’expertise de la Russie en matière de conduite militaire, et leur pratique considérable de cet art, il n’est pas surprenant que nous retrouvions une part anormalement élevée de Russes parmi les plus grands auteurs ayant été inspirés par la guerre. Tolstoï vient immédiatement à l’esprit. De tous ses écrits littéraires majeurs, seul les Récits de Sébastopol peuvent être décrits comme de la littérature de guerre puisque c’est le rapport que fait l’écrivain Tolstoï de son expérience en tant que soldat (officier subalterne plus précisément) lors du siège de Sébastopol, défendue par l’armée russe, contre les assaillants Turques et les inévitables Franco-Anglais, bien supérieurs en nombre. Mais chez le Russe, cela dépasse évidemment le cadre strict d’un rapport journalistique. Ce n’est pas son seul livre où la guerre est l’un des sujets ou le sujet central : Les Cosaques (guerre au Caucase), Guerre et Paix (guerre contre l’armée napoléonienne) et de nouveau le Caucase enflammé (il est toujours enflammé de toute façon) avec Hadji Mourat. Toujours parmi les Russes, je relèverai l’excellent roman La Fuite de Boulgakoff (sur la guerre civile russe et la fuite des Blancs devant les Rouges). Cervantes aurait pu être un autre très grand écrivain militaire, vu son expérience de soldat et son talent d’écrivain, mais il s’est contenté d’écrire sur une guerre mineure contre des moulins à vent. Chez les Français, je citerai en premier lieu Céline , principalement pour sa novella Casse-pipe (un des plus grands livres écrits au vingtième siècle malgré sa petite taille) mais aussi, pourquoi pas, pour sa trilogie finale qui débute avec le très épique et très drôle D’un château l’autre. Pour Casse-pipe, mes références sont autant picturales que littéraires : on pense en effet autant à Bosch qu’à Dantes en lisant ce long poème de descente infernale (hé oui, c’est cela aussi, la poésie !) Voyage au bout de la nuit du même est un autre choix possible, mais à déconseiller aux dépressifs et à ceux qui comme moi n’aiment pas les livres trop longs. Chez les Français, je suppose qu’on doit encore citer La Chartreuse de Parme quand on parle de littérature de guerre mémorable mais ce roman fait partie de ces livres fameux qui me sont tombés des mains, avant même d’arriver sur le champ de bataille et ma mémoire est donc vierge sur ce point. Un autre écrivain notable ayant écrit de bons livres sur la guerre est Ernest Hemingway. Selon moi, l’Adieu aux armes est son meilleur roman ; Pour qui sonne le glas est encore assez bon mais sent déjà le romantisme, la mythologie propres aux Étasuniens et la mythologie propre à Hemingway, cette espèce de pénible apitoiement sur soi-même qui se fait passer pour de l’héroïsme et qui gâche une partie de sa production. Or la mythologie militaire étasunienne est essentiellement une illusion et la guerre est justement le moyen radical de faire cesser les illusions de tout un chacun. Si je ne me cantonnais pas aux œuvres littéraires, aux œuvres d’art, je devrais citer le grand reporter Jack London, pour son rapport sur la guerre Russo-Japonaise vue du côté russe ((pour l’anecdote, ajoutons que ce rapport a fortement influencé ce grand dessinateur, Hugo Pratt, pour sa BD la Jeunesse de Corto Maltesse qui en réalité à la lecture s’avère être celle de Raspoutine (aucun rapport avec le personnage historique)). Non, je n’ajouterai pas à cette courte liste l’Illiade, que j’ai pourtant lue de bout en bout, tant on est ici dans la pure mythologie, dans la légende fantastique, et non pas dans la guerre, la chose réelle. Voilà donc, dans le cadre restreint de mes connaissances livresques, ce que je retiens comme littérature de guerre mémorable. Comme on le constate, les grands livres ayant pour sujet premier ou second la guerre sont une denrée rare, ne serait-ce que parce que les grands écrivains sont rarement des gens qui font la guerre, épargnés qu’ils sont par leur origine sociale privilégiée ou par leur réelle absence de toutes compétences qui pourraient servir à un soldat ou qui, quand ils l’ont faite, ont rarement eu l’occasion d’écrire dessus, ne serait-ce que parce qu’ils étaient morts avant.
Selon moi, la fiction militaire donne vraiment sa pleine mesure avec le cinéma. C’est un des rares domaines où je trouve d’ailleurs le cinéma plus percutant, plus prenant que la fiction littéraire (ou le rapport journalistique un peu sec, type London). Et cette fois les Russes, ou plutôt, soyons précis, les Soviétiques, sont absolument inégalés et peut-être inégalables.
J’ai cité Guerre et Paix de Tolstoï comme un des chefs d’œuvre de la littérature guerrière (et de la littérature tout court). Son adaptation par Sergueï Bondartchouk est une merveille, les scènes de guerre comme le reste. J’ai l’habitude de penser que les adaptations cinématographiques de classiques littéraires donnent des ratages, qui vont du grotesque complet au pensum insignifiant. Mais celui-ci fait partie des rares exceptions. La seule petite critique que je pourrais faire, en me forçant, est le peu de place réservé dans le film à Platon Karataïev, un des meilleurs personnages du livre. Mais je comprends : le film dure déjà plus de six heures, difficile de faire tout tenir de ce roman énorme dans un film de longueur supportable pour le spectateur. Tous les personnages sont magnifiquement joués, Natacha et le reste de la famille Rostov, Andreï, Piotr, la belle et froide Hélène, ce fou de Dolokhov, le Capitaine Touchine et donc Platon. Bondartchouk a reçu des moyens énormes du studio Mosfilm et croyez-moi, cela se voit sur l’écran. Plus tard, le même réalisateur a produit un autre chef d’œuvre du film de guerre, mon préféré en fait parmi tous les films de guerre, Ils ont combattu pour leur pays. Le film se situe dans les jours ou les semaines qui précèdent la bataille urbaine de Stalingrad, dans la steppe immense de l’oblast, quand l’avancée des blindés allemands semblait irrésistible. L’angle choisi est celui du simple soldat ou du sous-officier et du civil ordinaire qui ne comprend pas que leurs soldats fuient devant l’ennemi, les laissant à sa merci (les chefs militaires russes sont les champions incontestés de la retraite préméditée, celle qui fait que la logistique ennemie à force de s’étirer devient intenable : ils voient juste dans le long terme mais allez faire comprendre ça à des gens qui ont le choix entre perdre la vie ou tout ce qu’ils possèdent). Si vous préférez les histoires qui finissent bien, vous pouvez regarder la suite cinématographique intitulée Libération puisque cela se termine par la libération des camps d’extermination, la prise de Berlin avec la découverte des cadavres de Hitler et Cie dans leur Bunker puis la reddition écrite de Keitel (je crois que c’est dans le film, à vérifier) devant Joukov. Tous les acteurs sont impeccables, de même que la mise en scène. Comme le film est coproduit par l’Allemagne de l’Est, la plupart des personnages allemands sont joués par des Allemands en allemand, ce qui est tout de même plus pertinent que les méthodes hollywoodiennes ordinaires. Celui qui joue Hitler, Fritz Dietz, est un communiste de longue date, bien avant la victoire soviétique, et habitué aux persécutions de la Gestapo. Pourtant il joue le personnage avec un maximum de réalisme, et, c’est dur à dire, d’humanité ; on est très loin de la caricature habituelle. Il est plus que convainquant et d’ailleurs il récidivera dans le prochain film dont je vais parler. C’est une sorte de croix qu’il a dû porter presque toute sa carrière d’acteur (qui a été longue) de devoir jouer Hitler encore et encore mais ça lui aura au moins fait participer à deux chefs d’œuvre cinématographiques.
Le chef d’œuvre que j’aurais presque tendance à qualifier d’absolu est pourtant un film de télévision. Son titre, honnêtement, est pour moi une énigme irrésolue : Dix-sept moments du printemps, d’autant qu’il s’ouvre et se termine, je crois bien me souvenir, dans des paysages enneigés. Bien que le film se déroule lors de la seconde guerre mondiale et pour la majeure partie dans l’Allemagne nazie, c’est davantage un film d’espionnage et de haute politique que de guerre à proprement dit (je ne me souviens pas de scènes de bataille par exemple mais peut-être ai-je oublié). L’intrigue raconte la très difficile mission confiée à Stirlitz (un colonel espion russe sous couverture comme… Poutine plus tard et à peu près dans la même région) de choisir parmi trois personnages nazis clé celui qu’il pourra retourner sans se faire prendre avant : Boorman, Himmler ou Goering. On assiste à son ascension dans la hiérarchie nazie (car c’est un officier nazi, censément originaire de Pologne, je crois), parfois aidé bien involontairement (et ironiquement) par le chef du contre-espionnage allemand, Müller. Aucune caricature facile dans la description des nazis, comme évidemment des communistes russes ou pas, deux spécialités abrutissantes d’Hollywood. Tout est en nuances précises et en teintes de gris, plus ou moins claires, plus ou moins sombres. Müller, par exemple, un des personnages les plus mémorables du film est incontestablement un homme sympathique malgré son sale boulot et les sales méthodes que son service emploie. On comprend clairement qu’en d’autres circonstances, lui et Stirlitz auraient été amis. La fin est ouverte, sans conclusion claire, mais y en a -t-il besoin ? (on sait après tout comment l’Histoire se termine), quoique probablement funeste pour le personnage principal. Les Russes ne sont clairement pas de grands fans du tout est bien qui finit bien. À noter que l’acteur qui joue Stirlitz jouait aussi dans les deux films de Bondartchouk mais il m’a fallu un bon moment pour le réaliser.
Le premier film de Tarkovsky, et le plus efficacement écrit de tous, est un film de guerre, un des meilleurs : L’enfance d’Ivan, avec le jeune acteur qu’on retrouvera dans Andreï Roublev. Chronologiquement, c’est le premier film parmi tous ceux dont j’ai parlé. L’histoire est assez terrible puisqu’elle met en jeu un enfant mais c’est vraiment peu de chose comparé au film suivant, le plus épouvantable et bizarrement le plus poétique de tous les films de guerre que j’ai vus, le fameux Idi y Smotri, ce qui pourrait se traduire par Venez et Voyez (« viens et vois », plus exactement), mais la traduction française a choisi de remplacer cette citation de l’Apocalypse par un titre plus banal (que j’ai oublié). Ce film est une des raison qui m’a fait écrire cet article à propos de la poésie. C’est le genre de film qu’on doit regarder une fois dans sa vie, le regarder deux fois étant pratiquement impossible, tant il est intense et insoutenable. Le réalisateur, Elem Klimov, a fait quelques films avant, dont la meilleure biographie de Raspoutine, mais aucun après : on devine sans peine pourquoi.

Il est possible que le film de Klimov, sortie au milieu des années 80, si mes souvenirs sont bons, ait mit une sorte de point final au cinéma de guerre soviétique : que voulez-vous dire après ça ? Les Russes ont encore délivré quelques bons films de guerre plus récemment mais on est dorénavant loin de l’intensité, de l’ampleur, du souffle qu’il y avait dans ces films soviétiques. Je pourrais citer par exemple Le captif de l’excellent Alexeï Outchitel qui se passe durant une des guerres tchétchènes (2008), Tigre Blanc, étrange mais très intense film de combats de tanks fantastique avec une dernière scène particulièrement mémorable ou La Forteresse de Brest (2010), Brest étant ici la ville biélarusse et non le port breton, ou encore Les vingt-huit de Panfilov (2016). Tous les films dont j’ai parlé ou en tout cas la majorité ont des versions sous-titrées françaises, faites à la main si je puis dire, et même dans le cas des plus célèbres d’entre eux, des versions avec doublage français.
En dehors de l’URSS et de la Russie, je peux compter les films de guerre marquant que j’ai vus sur les doigts d’une seule main. La Liste de Schindler pourquoi pas, oui : il y a quelques scènes mémorables. Et sans enthousiasme particulier je pourrais y mettre dans un moment de générosité inhabituel Les sentiers de la Gloire. Plus mémorables sont Le Bateau de Petersen dans sa version intégrale et Les plus belles années de notre vie dont j’ai déjà parlé ici. William Wyler a une très rare qualité chez les réalisateurs étasuniens de films de guerre (et de films tout court) : le réalisme, même si on pourrait le classer dans beaucoup d’autres genres, et peut-être avec plus de raison, vu que je ne suis pas sûr qu’il y ait une seule scène de combat dans tout le film. Bon, ce n’est peut-être pas un film de guerre, tout compte fait. Malgré la romance très importante, je compterai aussi Dieu seul le Sait avec Robert Mitchum et Deborah Kerr, dans un décor tropical durant la guerre avec le Japon, ou, au choix, le western italo-américain qui se passe durant la guerre civile étasunienne Le Bon la Brute et le Truand. Aucun réalisme dans celui-ci, évidemment, on est dans la haute fantaisie, mais la façon dont Léone introduit les scènes de bataille entre Gris et Bleus est typique de ce réalisateur et d’une façon générale de l’anarchiste sans foi ni patrie. Et je dois dire à son crédit que c’est un des films les plus distrayants que j’ai vu dans ma vie.
J’ai du mal à me souvenir d’un film européen sur la guerre, mis à part Le Bateau. Même à propos de la Guerre de Cent Ans, même sur les guerres napoléoniennes, je ne vois pas. Aucun ne semble s’être imprimé dans mon cerveau. Ah si, peut-être le Jeanne d’Arc de Dreyer. Mais bon, est-ce qu’on peut dire que c’est un film de guerre. Cela ressemble plus à un procès entièrement à charge suivi d’un assassinat déguisé en exécution. Ah, cela rentre de toute évidence dans la catégorie des crimes de guerre. Donc c’est la guerre.


dimanche 18 octobre 2026

Haute Cour internationale de Justice : Procès de l’Europe pour crimes contre l’Humanité

L’instruction du procès de l’Europe pour crimes contre l’Humanité est terminée. Le procès peut maintenant commencer. Nous sommes évidemment dans le camp de l’accusation. Notre réquisitoire commencera ainsi :
L’Europe, nous le rappelons, est cette ancienne entité géographique arbitraire, mieux connue aujourd’hui sous le nom de Péninsule Asiatique Extrême-Occidentale ou encore PAEO. Les crimes de l’Europe — plus exactement de la portion rassemblée autrefois sous le nom d’Union Européenne, dont nous vous épargnerons la liste (mais vous pourrez la trouver en annexe de ce dossier ainsi que la plupart des pièces écrites) à laquelle il faut ajouter le Royaume-Uni (nous exceptons la Serbie, la Bosnie, l’Albanie, La Moldavie, indiscutablement situées en “Europe”, puisqu’elles n’ont à aucun moment de leur histoire été des nations souveraines et ne peuvent donc être tenues pour responsables des événements en cause bien que leur complicité ne fasse aucun doute) — sont trop nombreux au cours de son histoire pour être tous rappelés dans le cadre de ce procès. Nous citerons tout de même pour l’édification de ces messieurs-dames de la Cour et du jury et pour montrer que les accusés sont des récidivistes, ce qui est évidemment à ajouter aux circonstance aggravante, les traites négrières, les régimes particulièrement odieux des colonies, le génocide des Amérindiens, puisque nous considérons que les divers États d’Amérique ayant participé à ce génocide sont tous le fait d’immigrants européens, au moins pour la classe dirigeante, celle qui justement nous concerne dans le cadre de ce procès. Nous rappelons bien sûr les crimes nazis, le génocide des juifs, des Tziganes et des Slaves. Nous ne reviendrons pas sur ces faits d’Histoire peu contestables, en considérant peut-être injustement pour les descendants des victimes qu’il y a prescription, soit parce qu’il y a déjà eu procès (quoiqu’entièrement limité au génocide juif et à quelques accusés qui ne pouvaient représenter la totalité des responsabilités) ou bien en raison de l’ancienneté des faits. Notre accusation se limitera à porter à l’attention de la Cour l’ensemble des actes des quatre cent quarante accusés ici réunis qui ont présidés aux crimes de masse perpétrés dans le cadre du « projet Ukraine » ou qui les ont favorisés. Nous limitons aussi le rayon de notre accusation à l’Europe, pour le moment, étant parfaitement conscient que d’autres nations pourraient être sur le même banc des accusés avec autant de raison, ce que nous regrettons bien évidemment, mais nous ne faisons pas ici un procès in absentia.
Le « projet Ukraine » ainsi appelé par ses maîtres d’œuvre, individus tous situés dans un pays que nous ne nommerons pas, mais que nous nous réservons le droit de faire comparaître à cette même barre dans un futur que nous espérons proche, est né au début de ce millénaire. Son objectif déclaré, qui figure dans nombre de pièces incontestables que vous trouverez dans le dossier, était de transformer un jeune état fragile, très divisé dans ses composantes ethniques, linguistiques et culturelles, en misant sur la forte attirance d’une partie de sa population vers « l’Occident » et ses bénéfices supposés, en arme contre l’adversaire désigné de longue date, la Russie. Nous avons d’ailleurs appelé ce type de conflit « guerre par proxy » puisque les vrais ordonnateurs ne participent pas directement aux actions militaires, du moins théoriquement. Longtemps, il a été cru que cette animosité — remarquez que nous employons ici un euphémisme — venait de ce que la Russie était d’un point de vue purement géographique, l’élément majeur et central de la défunte URSS, qui, comme vous le savez, a nourri des vues politiques très différentes et pour ainsi dire opposées à celles de « l’Occident ». Nous savons maintenant qu’il s’agissait d’une vision erronée. La cause de cette “animosité” ne se trouvait pas dans des divergences d’opinion. La cause était plus profonde, plus ancienne, plus viscérale. La Russie était jugée l’obstacle majeur au contrôle intégral de la planète, ne serait-ce que parce qu’elle occupait la plus grande portion du plus grand continent, l’Asie. Elle était un obstacle au rêve ancien de ce qu’on appelle la civilisation occidentale à devenir l’hégémon, le maître incontesté, celui qui fait les règles et les impose aux autres, à tous les autres sans exception. Cet état d’esprit qui nous étonne autant qu’il nous répugne aujourd’hui était pourtant si partagé et si profondément enraciné dans la psyché des habitants d’Europe (et du pays que nous ne nommerons pas) que ceux-ci le trouvaient non seulement naturel mais encore souhaitable. En effet, les citoyens occidentaux ou qui s’identifiaient comme tels bien que n’appartenant manifestement pas à des nations « occidentales », se pensaient plus justes, plus libres, plus honnêtes, plus intelligents, plus vertueux que toute autre population, toute autre civilisation à n’importe quelle époque. Avec le recul, il semble grotesque que des sociétés qui avaient commis autant de crimes de masse, plus en vérité que toutes les autres nations du monde réunies, aient pu croire un seul instant être porteurs de toutes ces qualités, et ceci, à un point jamais atteint auparavant, mais tel était bien le cas. Nous pensons maintenant pour expliquer ce paradoxe que l’ampleur même de leurs crimes, leur démesure, les empêchaient de les regarder en face, collectivement parlant, d’en prendre, eh bien justement la mesure, et ceci, estimons-nous, très délibérément. De toute façon, cet aveuglement ne peut leur servir de circonstance atténuante, encore moins de justificatif. Individuellement, les Européens étaient très capables de reconnaître leurs torts et même de faire leur propre procès mais cela n’a jamais été le cas de leurs entités dirigeantes, et pour cause ! Aussi n’ont-ils jamais été jugés pour leurs crimes, avant ce jour.
Le projet Ukraine est le plus grand crime de masse commis par l’Europe ainsi que nous l’avons définie plus tôt. Au-delà des simples chiffres, la méthode nous semble particulièrement lâche, particulièrement odieuse, particulièrement abjecte. Il est difficile d’avoir des mots trop forts pour qualifier ces actes. L’Europe a considéré un pays entier et sa population comme de la simple matière première, l’habitant ne valant pas plus que le fer ou le blé qu’il produisait. Notez qu’il ne peut s’agir de racisme même si un préjugé général contre les Slaves existait bel et bien. Non, il s’agit plus perversement encore de l’idée que l’humanité ne valait ici qu’en tant qu’outil, un outil très utile certes mais un outil de destruction, et donc voué à être sacrifié, de gré ou de force (le plus souvent, dans la pratique, de force). La population indigène du Banderistan (qui bien sûr a pratiquement disparu en dehors de quelques vieilles femmes, de quelques infirmes vraiment trop infirmes et quelques bambins jugés trop jeunes, de peu, à l’époque) a donc été réduite progressivement à un simple rôle de matière première qu’on extrayait des campagnes ou des villes pour alimenter sans cesse la machine de guerre, à un peuple divisé entre garde-chiourmes et esclaves, ces derniers beaucoup plus nombreux que les premiers, il va de soi. La première chose que les patrons occidentaux du Banderistan ont décidé a été de mettre au pouvoir la classe la plus abjecte de ce pays, à savoir les adeptes de Bandera et ses comparses, ces ardents disciples du moustachu autrichien que nous ne nommerons pas pour ne pas polluer l’atmosphère de cette noble institution, qui ont montré toutes leurs compétences d’assassins de masse en Pologne et dans la partie de l’URSS qu’on appelle parfois encore l’Ukraine. Avec leur expérience du nazisme originel, ils savaient que ce type de recrues étaient les meilleures qu’ils pouvaient trouver pour transformer le pays selon leurs désirs : on n’a jamais trouvé mieux qu’une horde fanatisée, aux penchants déclarés pour la violence et lourdement armée, chantant les hymnes du troisième Reich, pour attaquer la Russie. Est-ce que les patrons occidentaux espéraient que cette armée gagne contre les Russes ? Même pas. Ils n’avaient presque aucun doute qu’ils seraient broyés au final dans l’opération. Peu importe, l’important était d’infliger de telles pertes humaines, matérielles et économiques à l’ennemi juré qu’il serait ensuite facile à subjuguer par les méthodes habituelles, nominalement « liberté et démocratie »… plus quelques milliers de bombes.
Le plan a échoué. Le projet Ukraine s’est terminé comme s’est terminé le troisième Reich, dans un paysage lugubre d’apocalypse. Nous ne croyons évidemment pas que la disparition de tant de criminels dédouane les commanditaires, le moins du monde. Nous croyons au contraire qu’il est d’utilité publique, qu’il est de notre devoir que les véritables décideurs et pas seulement les sous-fifres bandéristes, soient jugés et condamnés pour leurs actions. Nous rappelons à la Cour que la population d’Ukraine lors de son indépendance (très brève avant de tomber sous le joug de patrons occidentaux) après l’auto-dissolution de l’URSS était de 52 millions d’habitants (pièce n°1597 de l’annexe). En 2014, lors de la prise de contrôle du pays par la puissance occidentale que nous ne nommons pas, à l’aide de son mode opératoire préféré, le coup d’État, la population était encore d’une grosse quarantaine de millions. Au début de l’an 2026, après quatre ans de guerre, elle était tombée à 28 millions pour la partie restante sous le contrôle du régime bandériste, et bien sûr de ses patrons occidentaux. Aujourd’hui, on parle sans grande exagération de la disparition des indigènes du Banderistan (pays qui d’ailleurs a disparu lui aussi). Si ces massacres et ces taux de mortalité incroyables dus à la guerre bien sûr mais aussi aux exécutions en dehors de toute espèce de légalité, à la famine, au froid, à l’absence de traitements médicaux, avaient pour racine une motivation raciale, nous parlerions alors du plus parfait génocide réalisé à ce jour sur cette planète. Mais nous n’emploierons pas ce terme, par soucis de précision légale. Nous nous contenterons de qualifier ces événements du plus grand crime contre l’Humanité commis par l’Europe dans ce millénaire. Et tout cela pour quoi ? Pour rien.
Passons maintenant à la partie la plus répugnante du dossier et nous nous excusons par avance pour ce que notre audience va devoir supporter. Il faut en effet décrire dans le détail le système mis en place par les différents agents de l’Occident, avec le concours très zélé du pseudo-gouvernement bandériste, pour réaliser la nature absolument perverse des 440 accusés ici présents. D’une manière générale, l’administration bandériste a servi dans l’opération de simple courroie de transmission. Sa nature xénophobe, violente, fanatique et profondément corrompue était parfaite pour le « job », comme disent les agents de ce pays que nous ne nommons pas. Une fois encore l’exemple du troisième Reich nous vient à la bouche et de son leader moustachu que nous ne nommons pas. La première chose à faire pour utiliser au mieux la matière humaine présente encore dans le pays (beaucoup heureusement avaient fui, malheureusement pour moitié dans les divers pays de l’UE, ce qui s’avéra par la suite une décision des plus funestes) fut, comme on le devine, de fermer le pays, non pas pour que les étrangers n’y rentrent pas, comme c’est le but habituel des frontières, mais pour que les autochtones ne s’en échappent pas. Diverses lois furent ainsi prises pour interdire le passage d’abord des ukrainiens mâles d’âge mobilisables, puis de tous les mâles sans limite d’âge puisque les bébés étaient perçus comme de futurs combattants dans cette guerre « éternelle », puis des femmes d’âge mobilisables, y compris enceintes, puis de toute la population sans exception. En fait, il y avait bien des exceptions, que l’on pourrait appeler des “indulgences”. Ces indulgences très coûteuses, de plus en plus à mesure que durait la guerre, étaient donc de facto réservées aux plus riches familles qui pouvaient ainsi payer pour dispenser leurs rejetons ou bien eux-mêmes d’aller se sacrifier pour « les valeurs européennes ». Ces valeurs, comme la liberté et la démocratie, leur étaient d’ailleurs parfaitement étrangères puisqu’il n’y avait plus qu’un parti dans le pays, celui des Bandéristes, que tous les opposants politiques étaient en prison, ou envoyés au front pour y mourir ou partis en exil et que, de liberté, il n’y en avait bien entendu pas l’ombre. Afin de parfaire l’efficacité de cet immense camp de concentration, puis d’extermination, des clôtures furent érigées sur toutes les frontières sensibles, en particulier vers la Roumanie avec des vigies, des gardes mobiles, des chiens, des canots à moteur pour patrouiller les rivières limitrophes et une armée de drones de surveillance d’abord puis d’exécution sans procès ensuite. Les fuyards repris étaient soit abattus sur le champ ou plus souvent envoyés après avoir subi les plus grandes violences vers le front, à un endroit où l’on savait qu’ils ne survivraient pas plus de vingt-quatre heures, sauf miracles (et les miracles sont rares, surtout à cette époque). La frontière Nord était jugée plus sûre, des marécages mortels servant de dissuasion. Au Sud était la mer, difficile à passer, puisqu’il est très facile de repérer un évadé sur son esquif ou sa planche à voile alors que le ciel grouille de drones. Quant à la frontière Est, c’était la plus sûre de toutes puisque c’était le front , une frontière mouvante, qui progressait lentement vers l’ouest, comme la paroi d’une cage à pointes qui se rétrécit.
Pour que le système de stockage et d’envoi continu de la chair à canon vers le front soit aussi fluide qu’un tapis roulant d’abattoir, il fallait disposer naturellement d’une importante main d’œuvre locale pour l’encadrer. Les volontaires ne manquaient pas, d’autant qu’il y avait de moins en moins de jobs, qui plus est aussi bien payés (par le contribuable européen). Ces garde-chiourmes ou ces recruteurs de choc étaient généralement trouvés parmi les Ukrainiens de tendance bandériste mais pas seulement. On se rappellera à ce sujet que bien des matons dans les camps de la mort nazis étaient des juifs. Naturellement, ces volontaires pour garder ou chasser leurs semblables, comme on chasse du bétail dans un vaste ranch, furent souvent à leur tour, surtout à la fin de la guerre, envoyés  vers leur destination finale : le front. Tel est le salaire du lâche et du traitre, du boucher sanguinaire situé vers le bas de la chaîne alimentaire. La police servait de soutien à ces groupes de recruteurs sauvages, servant comme toujours dans ces cas-là d’alibi légal et de protecteurs des bandits. Les tétséka comme on les appelait localement, ainsi que les policiers, étaient d’ailleurs objet de haine et de mépris, à tel point qu’il a été difficile d’en trouver encore quelque uns de vivants après les grandes purges d’après-guerre pour témoigner dans ce procès (pièces n°149 à 163). La vie ou plutôt la survie dans le Banderistan était une incertitude constante pour un chômeur, un ouvrier ou employé ordinaire, un pauvre quoi : vous pouviez être arrêté à n’importe quel moment, y compris la nuit, à n’importe quel lieu, y compris chez vous, après que la porte ait été forcée, par n’importe qui, souvent en habit civil et masqué, y compris par votre voisin ou votre ancien ami qui venait sans que vous le sachiez de s’engager chez les Tétséka, puis vous étiez roué de coups pour quelque raison ou même sans raison, humilié, obligé d’entonner l’hymne à la gloire du grand Bandera avant de vous retrouver dans un bus de haute sécurité, les poignets menottés, direction le front. Quant aux femmes, surtout jeunes, leur sort était encore pire puisqu’elles servaient de repos du guerrier aux cadres de l’armée, avant d’être envoyées elles aussi au front pour s’assurer de leur silence éternel. Grâce aux Russes, nettement plus compréhensifs et magnanimes dans l’ensemble envers ce type de soldats involontaires qu’envers le militant bandériste ou le mercenaire étranger, nous avons heureusement quantité de témoignages d’anciens prisonniers de guerre à notre disposition pour documenter ces faits (pièces n°312 à 476).
Il faut comprendre le Banderistan comme un État occupé par des forces étrangères, même si ces forces ne se trouvaient pas sur place, exceptés quelques représentants qu’on pouvait croiser dans les hôtels chics ou à la sortie de bunkers VIP. Les grands patrons se trouvaient à l’étranger, tranquillement assis dans leur fauteuil à fumer des havanes ou à siroter du whisky hors d’âge, oui ceux-là même qui occupent la tribune des accusés, avec leurs allures de midinettes et de comptables. De là, ils donnaient les ordres, exigeaient que davantage d’ukrainiens aillent dans les tranchées pour « la paix, la démocratie et la liberté », qu’on abaisse l’âge de la mobilisation à vingt-quatre, vingt, dix-huit et puis pourquoi pas seize ans puisque ma foi un ado peut très bien démonter et remonter une arme (c’est très amusant à cet âge), qu’on n’oublie surtout pas les femmes, (après tout c’est la parité qu’on défend là), et éventuellement les retraités qui au lieu de se promener sans but peuvent toujours porter un fusil (s’ils ne peuvent plus courir, c’est encore mieux, ils ne déserteront pas). De temps en temps, ces grands patrons venaient en grandes pompes sur place vérifier la bonne utilisation de leurs deniers (simple façon de dire puisqu’il s’agissait en réalité toujours des deniers publics) et surtout que les flux financiers n’allaient pas dans un seul sens. Car naturellement, les schémas du circuit des armes devaient toujours revenir pour partie sous forme sonnante et trébuchante dans leurs poches, tout à fait privées, elles. Rien de neuf sous le soleil, cela s’est fait à toutes les époques, vous nous ferez remarquer. En effet, c’est juste que l’odeur nauséabonde est encore un peu plus forte dans le cas que nous jugeons et voici pourquoi.
Combien de morts, combiens de blessés, combien d’infirmes, combien d’orphelins sans ressource, combien de ménages détruits, combien d’anciens combattants abandonnés, jetés à la rue faute de pouvoir travailler ont résulté de cette guerre parfaitement évitable ? Un million ? Deux millions ? Non il faut multiplier ce nombre par quatre, par dix, par trente. Eh bien, on ne le croirait pas à les regarder ici, si proprets, si ordinaires, si polis mais à aucun moment ils n’y pensaient. À aucun moment. Combien de fois ils auraient pu arrêter les massacres, avant même qu’ils n’aient débuté pour de bon ? Il aurait suffi pour cela qu’ils respectent les accords qu’ils avaient eux-mêmes signés de Minsk I puis Minsk II mais au lieu de quoi ils se sont vantés, oui vous entendez bien messieurs-dames, ils se sont vantés de n’avoir jamais eu l’intention de les respecter et de se servir du temps gagné pour construire une puissante armée contre la Russie. Ces responsables sont tous ici, devant vous, avec leurs yeux de hiboux effarés. Combien de fois ils auraient pu arrêter les massacres voyant qu’aucun de leurs buts n’étaient atteint, vous savez, l’affaiblissement militaire et économique de la Russie, ou encore l’avènement de « la liberté et la démocratie » chez ces arriérés de Slaves ? Combien de fois ? pas une, pas deux, pas trois mais dix fois, vingt fois et toujours leur même réponse : non à la paix, oui à la guerre, encore plus de guerre, « jusqu’au dernier Ukrainien » tel était devenu de facto leur leitmotiv préféré. Et si vous aviez l’audace de protester, au sein même de ces temples de « Démocratie et de Liberté » ces messieurs dames si polis, si bien élevés, si élégants avec leurs costumes Pierre Cardin ou Coco Chanel , ils vous traitaient aussitôt de lâches, de traîtres, de vendus à Poutine ! Ah, ils n’avaient pas de mot assez dur pour ces individus qui refusaient d’aller mourir pour « la liberté, la démocratie » et autres valeurs supérieures. Et ce n’est pas tout, tandis qu’ils assuraient la main sur le cœur et le sourire aux lèvres (ah, ils sourient moins aujourd’hui !) de la bonne utilisation de l’argent et de l’armement envoyés, c’était leur propre peuple qui s’appauvrissait et maigrissait à vue d’œil, qui se retrouvait sans défense. Pas seulement le peuple ukrainien donc, et ces autres slaves « demeurés » mais tous les peuples d’Europe dans leur ensemble, sauf bien sûr et précisément, les Russes. Tout devenait plus cher, beaucoup plus cher. Eh bien croyez-vous que ces faits indiscutables, tellement documentés que l’annexe qui concerne seulement cette partie de l’affaire dépasse les mille pages, croyez-vous que cela les a dissuadés de continuer dans la même direction ? Après tout, s’ils étaient indifférents aux souffrances des Slaves, des esclaves nés, on aurait pu croire qu’ils se souciaient davantage de leurs peuples… Quelle erreur ! Regardez avec quelle morgue, quelle peur, quelle haine, ils nous regardent, nous, représentants de la justice populaire. « Le peuple c’est bon pour aller au cirque, c’est bon pour les tranchées, c’est très bon comme cher à canon, mais comme électeur ça ne vaut rien, ça ne comprend rien, ça ne peut évidemment pas comprendre la hauteur de vues qui sont les nôtres ! » : voilà ce qu’ils pensaient et qu’ils pensent toujours en ce moment. Vous voyez, à une époque, on critiquait les dirigeants soviétiques pour affirmer qu’ils savaient mieux que vous quel était votre bonheur. Mais ceux-là sont pires, ils ne se soucient absolument pas de votre bonheur, de votre santé encore moins. Au contraire, combien de fois, ils vous ont demandé la main sur le cœur de faire plus de sacrifices, encore plus de sacrifices, de renoncer à ceci, à cela, puis à tous vos droits « acquis » c’est-à-dire que vous croyiez acquis, pauvres naïfs ! Et eux, pendant ce temps, ont-ils renoncé à quelque chose, ont-ils fait des sacrifices ? Nous laissons le jury répondre tout seul à ces questions.
La vérité, la triste vérité mais l’incontournable vérité est qu’ils se sont enrichis. Pas seulement les accusés mais aussi les patrons de ce pays que nous ne nommons pas, mais aussi l’encadrement de ce gigantesque camp d’extermination qui a porté le nom d’Ukraine. Les peuples d’Europe se sont terriblement appauvris dans leur immense majorité, au point de faire partie, disons-le clairement, de ces nouveaux pays en voie de sous-développement, Les NVPSD, ou encore les FAIBLE comme France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Espagne ; le peuple d’Ukraine ainsi qu’une bonne part des Polonais, des Estoniens, des Lithuaniens, des Lettons, des Moldaves, des Tchèques, des Macédoniens, Slaves ou pas (mais nous n’invoquons pas la motivation raciale, souvenez-vous-en messieurs-dames) ont quant à eux tout bonnement disparu. Si l’origine nationale était une espèce, on les classerait dans les espèces disparues ou en voie de disparition. Et nous ne parlons même pas des centaines de milliers de Colombiens, de Brésiliens, d’Équatoriens, de Mexicains qui ont été achetés par l’Europe et cet autre pays que nous ne nommons pas pour alimenter la meule à broyer la matière humaine quand il n’est plus rester assez d’Ukrainiens, de Polonais, de Tchèques et autres Slaves à jeter en pâture au dieu Moloch, Moloch le seul dieu qui reste pour ceux qui ne croient plus en rien, qui ont perdu tout sens moral, et que certains affublent d’un autre nom que nous ne prononcerons pas dans cette noble enceinte. Dans tous les pays cités, les pauvres ont pratiquement disparu, pas parce qu’ils se sont enrichis ave le salaire de la honte, mais juste parce qu’ils sont morts, enterrés, si du moins on peut parler d’enterrement quand vous avez été répandu en mille morceaux dans un rayon de cent mètres à la ronde. Nous pourrions vous montrer des images, il en existe une quantité invraisemblable et nous pouvons vous assurer qu’il n’y a eu aucun trucage, aucune IA impliquée dedans. Si les pauvres étaient une race et non une classe, nous parlerions en ce moment de génocide. Puis, les classes moyennes ont disparu à leur tour parce qu’elles occupent dorénavant la place laissée vacante par les anciens pauvres, ici-même en Europe, l’Europe des Lumières, de la richesse, des hautes valeurs civilisationnelles. Certains, moins d’1 % de la population, se sont enrichis dans le même temps, ont multiplié leur fortune par deux, par quatre par dix par cent, par mille pour quelques-uns et nous en avons un bel échantillon rassemblé ici, après beaucoup de difficultés vu qu’ils s’étaient échappés aux quatre coins du monde. En Ukraine, il n’y a jamais eu autant de multi millionnaires et de milliardaires qu’au milieu de la guerre, pas en grivnas, cette monnaie de singe, mais en Euros, en Dollars étasuniens. Et comment ont-ils collecté de pareilles sommes ? En détournant une partie des armes, en gonflant artificiellement leur prix de sorte qu’ils pouvaient empocher une partie de la différence et renvoyer l’autre à leurs généreux patrons. Mais pas seulement. Le recrutement de la matière humaine était un énorme business : on pouvait recevoir l’argent de dispense de service au front ou même de tout service, ce qu’il faut appeler plus correctement l’argent des rançons, on pouvait gagner beaucoup d’argent comme les anciens chasseurs de prime du pays que nous ne nommons pas pour attraper n’importe quel sous-citoyen, n’importe quel esclave puisque la carte d’identité ukrainienne était devenue une simple marque d’esclave ; on pouvait en gagner encore plus si on était un chef d’unité de commandement dans l’armée bandériste et que la chair fraîche, l’esclave promu soldat disparaissait pour une raison ou une autre ; alors il suffisait pour cet heureux récipiendaire de la solde du dit soldat de ne pas déclarer la disparition du dit soldat et de continuer aussi longtemps que possible de toucher cette somme. Ce schéma de corruption était connu de tous les partis impliqués et cela convenait à tout le monde : il faut bien récompenser les cadres de l’armée et cela évite aux cadres politiques d’avoir à payer primes et pensions à la veuve et aux orphelins. De plus cela diminuait considérablement les statistiques intérieures des pertes au combat, même si personne n’état dupe en haut-lieu (l’essentiel est que le peuple abruti soit maintenu dans son abrutissement, n’est-ce pas ?). Ah quel bon temps pour ces messieurs-dames ici présents dans la tribune des accusés ! Les flots de sang ne sont rien pour ceux qui en tirent des flots d’argent ! Leurs larmes de crocodile, versées après coup, n’impressionnent personne ici.
Rappelons-nous ces sacro-saintes valeurs qu’ils ont sans cesse à la bouche : liberté, démocratie, égalité, fraternité. Ont-ils fait faire un seul progrès dans ce sens ? Bien sûr que non. C’est tout l’inverse. La démocratie n’est jamais apparue dans le pays qu’on appelait l’Ukraine. Bien au contraire, elle a été étouffée dans l’œuf et une dictature du type le plus totalitaire s’est progressivement mis en place, réduisant la majorité des citoyens au rôle d’esclave sans droit mais avec un devoir obligatoire, celui d’aller se faire tuer. La démocratie a progressivement disparu des autres pays d’Europe, devant la réticence des citoyens de plus en plus manifeste à mourir pour « la liberté et la démocratie ». Quant à l’égalité, la fraternité, elles n’existaient que pour être sûr que tout le monde sans exception irait se sacrifier pour le bonheur des élus, dont nous avons ici un bel échantillon rassemblé. Regardez encore une fois leurs yeux de hibou, tandis qu’ils nous écoutent, leur mine de vampires qui voient luire à l’horizon les premières lueurs de l’aube.
Alors la défense de ces valeurs a-t-elle été jamais le but véritable de cette guerre, messieurs-dames, je vous le demande ? Est-ce que la défense de leurs pays a jamais été leur but alors que la Russie ne les a jamais attaqués et quand durant tous leurs mandats de Président, de Premier ministre, de Chancellier, de ministre, de Secrétaire Général, de commissaire, de haute-représentante, de Chef d’État-major, leurs propres pays n’ont cessé de s’appauvrir, de perdre leurs moyens de défense, de perdre leurs bénéfices sociaux ? Ou bien est-ce que cela n’a pas été toujours un masque, pour dissimuler le véritable objectif qui était leur enrichissement personnel ainsi que de leur famille ? ce sont les questions auxquelles nous vous demandons de répondre en votre âme et conscience.
Ces criminels que vous regardez aujourd’hui droit dans les yeux, je dois vous le dire messieurs-dames les jurés, n’ont pas de sang sur les mains, pas une goutte, même s’ils ont l’air de vampires traînés au soleil. D’autres le versaient à leur place. Ces criminels dépravés n’ont jamais porté une arme ; d’autres le faisaient à leur place. Ces criminels dépravés n’ont jamais écrit ou signé un ordre de leur main conduisant directement à la mort, de dizaines, de centaines de milliers, de millions de personnes. Mais nous avons tous les témoignages dont nous avions besoin, et même beaucoup plus qu’il n’en fallait, que c’était bien d’eux que venaient les grandes directives et l’argent et l’armement et les munitions. Est-ce que ce n’est pas suffisant selon vous, messieurs-dames les jurés pour rendre un verdict de culpabilité de crimes de masse contre l’Humanité ? Non seulement, nous ne leur offrirons pas le bénéfice des circonstances atténuantes mais si vous les reconnaissez coupables et responsables des faits reprochés, nous demanderons à la Cour qu’ils partagent le châtiment des couards, des lâches, des traîtres, des plus basses racailles, des soudards violeurs d’adolescentes, des assassins d’enfant, des cannibales, des plus abominables criminels que notre Terre ait porté !

Merci de votre attention. 

mercredi 14 octobre 2026

La conquête du Groenland et autres actualités incroyables

Une "IA" qui est devenue réalité, pour une fois

 Le cours des événement s'accélère. La matière dense qu'on obtenait autrefois en plusieurs décennies ne prend plus que quelques décades. Le rythme de parution des articles de ce blog va donc s'en trouver lui aussi accéléré, si bien sûr le producteur principal n'est pas arrêté par quelque obstacle indépendant de sa volonté.

Donc, le Groenland est passé sous contrôle des USA, dans une discrétion stupéfiante si on considère l’ampleur politique de cet événement. Discrètement car les MSM européennes n’ont rien fait pour éclairer leurs bons peuples sur cette question… heu, embarrassante. Après tout, cela faisait longtemps qu’une partie d’un pays d’Europe occidentale, puisqu’on considère que le Groenland fait partie du Danemark, n’avait pas été réduit au statut de propriété coloniale d’une puissance étrangère, et cela tout à fait officiellement. La cession de facto (quoiqu’un autre terme officiel et plus diplomatique ait été employé) de la grande île du Nord par le Danemark aux USA a été en effet très officiellement ratifiée par la première ministre danoise devant l’ONU, qui se situe, comme chacun sait à New-York, la ville de Trump. Frederiksen, la blonde en question, m’a beaucoup rappelé à cette occasion sa collègue brune, Delcy Rodriguez du Venezuela, signant la cession du pétrole domestique aux USA sous le regard mi-narquois mi-sévère du directeur de la CIA, après avoir déjà vendu son Président, Nicolas Maduro, à la même CIA. Si vous aviez encore le moindre espoir que des individus femelles seraient de meilleurs leaders, plus humains ou plus réglo, abandonnez-le. Notez que le Danemark, ou son représentant groenlandais, perd non seulement tout mot à dire sur la question militaire, ce qui à vrai dire ne change pas grand-chose sinon de rendre officiel ce qui était déjà officieux, mais aussi et surtout sur la question économique. Dorénavant, tout investissement sur l’île de glace doit être approuvé par les USA et personne d’autre : c’est écrit noir sur blanc sur le parchemin qu’a signé la dame en souriant à la caméra. Il est difficile d’imaginer une perte volontaire de souveraineté plus complète et plus polie. Mais qu’on se rassure, le Groenland restera autonome et danois sur Wiki et sur les manuels de l’écolier danois… du moins tant que l’agité du bocal n’aura pas décidé de le renommer l’île Trump.
Pourquoi le Danemark et derrière lui l’Europe ont accepté le « deal » sans broncher, alors qu’ils avaient fortement protesté lors de la première tentative de Trump et sa bande de pirates ? En fait l’Europe ne s’est pas contentée de se taire, ce qui est déjà abject, mais elle a pressé le Danemark et sa blonde en chef, qui n’a rien de Jeanne d’Arc, d’obéir au maître. Pourquoi ? Eh bien la réponse se trouve à l’Est. Il ne s’agit pas de fâcher l’empereur quand on a pour plan principal et unique de s’attaquer à la Russie. Qui fournira les armes, qui fournira les renseignements satellitaires si cruciaux, les communications Starlink, si l’empereur est mécontent de ses vassaux ? Des vassaux qu’il considère déjà comme très dispensables et donc sacrifiables. Et si le maître décidait de laisser ses vassaux se débrouiller tout seuls avec le géant de l’Est ? Quelle peur bleu alors, n’est-ce pas ! C’est qu’on ne pourrait plus se cacher derrière les Ukrainiens ! Il faudrait soi-même intercepter les objets volants divers et variés que ne manqueraient pas de nous envoyer les Russes avec nos centrales, nos usines, nos stockages d’armes, nos réseaux énergétiques, nos base militaires, aériennes, terrestres et maritimes. Eh bien on peut prévoir un taux d’interception par les dits objets, proche de 100%, vu que l’Europe est pratiquement sans défense aérienne (et soyons honnête, le maître n’a de toute façon plus grand-chose en stock à nous donner… je veux dire bien sûr à nous vendre à prix d’or).
La guerre totale des drones décrétée par Zelensky et ses patrons européens coûte cher, très cher, premièrement parce que la Russie est un très grand pays et que ses installations énergétiques ou militaires sont distribuées sur tout le territoire, ce qui nécessite d’envoyer des drones de très longues portée, qui sont plus onéreux. Et secondement parce que la défense aérienne russe est supérieure de plusieurs ordres de magnitude à celle de l’Ukraine (et de tous ses sponsors), il en faut des quantités gigantesques pour espérer passer à travers les couches imbriquées de défense aérienne et toucher quelques cibles, quelques fois. Leur taux de réussite est passé dernièrement en dessous de 1% (celui qu’on vous montre à la télé pour vous assurer que votre argent est bien employé). Lors de la campagne de 2025, à son pic, les exportations russes de pétrole avaient diminué de 3% en volume. Lors de la campagne de cette année, à son pic qui s’est produit vers juillet/août, les exportations de pétrole russes ont baissé de 10%. Je sais bien que les MSM donnent d’autres chiffres, comme quoi elles seraient divisées par deux, que la moitié des raffineries du pays seraient entièrement détruites (deux points d’ailleurs différents). Ce mensonge complètement farfelu est à plusieurs niveaux ici. Et il ne peut fonctionner qu’en raison de l’ignorance formidable des peuples ciblés, nous en clair (ignorance soigneusement créée puis entretenue depuis longtemps) concernant le géant asiatique (puisque nous avons décidé qu’il n’était pas européen). L’idée que quelques impacts de drone pourraient détruire des installations entières de cette taille est une affirmation plus que fantastique. Informez-vous autrement (c’est toujours permis et Internet est très difficile à censurer efficacement, croyez-moi), voyagez (oui, il est toujours possible et relativement facile de voyager en Russie en tant que touriste, même pour un Français, en dehors de quelques sites jugés sensibles qui d’ailleurs ne vous intéresseraient probablement pas) et vous comprendrez pourquoi ces affirmations de nos médias sont complètement irréalistes en plus d’être fausses. En réalité, le seul résultat qu’ont provoqué les frappes de l’Otasunie sur quelques parties de quelques raffineries russes a été l’arrêt des exportations de gazole, ce qui me dit-on ennuie considérablement le détenteur d’un véhicule diesel… européen et étasunien (comme l’a montré récemment le coup de téléphone de Trump au Kremlin), mais pas du tout le consommateur russe, au contraire, puisque c’est le meilleur moyen de faire baisser les prix domestiques. Joli coup n’est-ce pas ? Les Russes n’exportent pas que du gazole. D’abord et surtout, ils exportent du pétrole brut. Eh bien qu’ont-ils fait ? Tout simplement, ils ont augmenté leurs exportations de brut pour compenser l’arrêt des exportations de gazole* ; vous pouvez vérifier, ces chiffres n’ont rien de secret, même si nos MSM se gardent de les montrer. Alors maintenant calculez quel peut être le résultat au bilan final de cette opération, qui a couté des milliards, en particulier à l’Europe, quand les exportations russes n’ont reculé au mieux que de 10 % et que les prix du pétrole ont grimpé au minimum de 40% (c’est vraiment un minimum car à l’heure actuelle le pétrole brut russe s’achète 20% au-dessus du cours du Brent qui lui-même est au-dessus de 100 $ le baril). Alors vous ne serez pas surpris quand à la fin de l’année ou chez nous l’an prochain, vous apprendrez que les recettes pétrolières de la Russie ont augmenté cette année par rapport à l’an passé et que les caisses de l’Etat se sont un peu plus remplies (elles sont déjà bien garnies) puisqu’au début de l’année le Kremlin avait tablé pour établir son budget sur un prix moyen du baril de pétrole de 60$. Ses revenus pétroliers sont donc supérieurs de 100% quand le prix du baril russe atteint la cote de 120 $, ce qui est actuellement le cas (et tout laisse à penser que ce prix aura tendance à monter plutôt qu'à baisser dans les mois à venir).
Il y a un point sur lequel les dirigeants européens, aussi déconnectés du réel qu’ils soient, tout focalisés sur leur nombril qu'ils soient, ont raison d’insister : la guerre en Ukraine est l’événement pivot, le moteur central de la transformation du monde en cours opérée par les forces anti-impériales. Si les USA n’arrivent à rien contre l’Iran, et même contre le Yémen des Houthis (à travers leur âmes damnées israéliennes ou saoudiennes), c’est que leur stock d’armes offensives et défensives a été fortement épuisé par les livraisons continuelles vers le Banderistan, puisque celles-ci sont au fur et à mesure détruites par l’armée russe. Trump ne ment pas, pour une fois, quand il dit que c’est la politique de Biden (ou de ceux qui tiraient les ficelles) qui a créé cette pénurie d’armements, qu’on peut qualifier sans hésiter de stratégiques. La quantité envoyée à Kiev a été sous Biden en effet incomparablement plus importante que le mince filet qui parvient encore à s’écouler jusqu’au Dniepr. Mais alors pourquoi attaquer l’Iran ? La Russie ne pouvait espérer mouvement plus favorable de l’ennemi. Cela lui permet de rendre la monnaie de la pièce aux USA par proxys interposés. Merci Trump. Après merci Biden (pour l’imbécilité des sanctions, voir ici), merci Trump pour ce nouveau cadeau. Le plan de la Russie est l’attrition de l’adversaire. Et l’attrition se poursuit, sous un horizon ou sous un autre mais avec le même effet : la paralysie toujours plus grande de l’Occident collectif. Car la Russie ne vise pas l’Ukraine mais l’OTAN au complet, dans son plan d’attrition.
L’attrition — c’est-à-dire l’épuisement des forces militaires et logistiques, sinon économiques, de l’adversaire — doit se poursuivre jusqu’à son terme, qui est la capitulation de l’adversaire sous une forme écrite ou non. Son achèvement se reconnait au fait que le vaincu accepte la volonté politique du vainqueur, qui atteint ainsi son but. Quel est le but du Kremlin ? Ce n’est pas la défaite de l’armée bandériste. Ce n’est pas non plus un changement de régime à Kyiv. Pourquoi ? Parce que cela ne permettrait pas d’atteindre le véritable objectif qui est l’attrition du bloc occidental et tout spécialement de sa partie la plus faible, l’Europe. Le Kremlin est arrivé à la conclusion qu’aucune paix durable ne sera possible avant un épuisement très substantiel des ressources de l’Occident et de l’Europe en particulier. Il a également noté la tendance de plus en plus accusée des leaders européens vers le suicide économique, social et politique, le plongeon dans l’abîme ; cela lui convient, le Kremlin est tout à fait satisfait par la voie que nous prenons et est prêt à nous donner un coup de main pour accélérer encore notre course vers la falaise. Cette volonté du Kremlin est patente dans le rythme qu’il a récemment adopté dans ses opérations sur la ligne de front. Bien que l’armée ukrainienne soit incontestablement très affaiblie par rapport à il y a deux ans (quand le gouvernement Biden octroyait encore au sous-Reich des quantités considérables d’armements) et même par rapport à l’an passé, quand les européens ont repris fièrement le flambeau et consacré des sommes gigantesques et totalement disproportionnées à ses finances en peau de chagrin au projet Ukraine (qui, je le rappelle, était au départ et jusqu’à très récemment un projet purement étasunien), l’avancement des troupes russes s’est ralenti, sauf dans des oblast périphériques, et pour ainsi dire optionnels, comme Hrarkoff et Soumy. Il est clair que la libération totale des quatre oblasts de la Novorussia (Donietsk, Lougansk, Zaparojia et Hrerson) est devenue un objectif secondaire dans l'esprit du Kremlin par rapport à l’attrition des forces occidentales, européennes en premier lieu. L’Ukraine, et plus particulièrement l’Est et le Sud de l’Ukraine, sont juste les terrains convenables pour mener cette guerre d’attrition, en concentrant les moyens européens dans une zone relativement petite et surtout proche de la frontière russe (qui, rappelons-le, comprend la Crimée), facilitant ainsi la logistique et diminuant les coûts pour les Russes, tout en compliquant la logistique et augmentant les coûts pour l’adversaire. Avoir toutes les têtes de l’hydre au même point rend le saignement à blanc plus facile à exécuter. Notez que cet avantage de raccourcissement logistique n’est pas plus valable pour l’Ukraine que pour l’Europe puisqu’elle ne produit pratiquement plus rien et doit faire venir (aux frais de l’envoyeur) ses armements, ses matériels de rechange d’infrastructures et d’installations depuis l’Europe, les USA, la Corée du Sud même parfois et puis doit renvoyer vers l’Europe certains systèmes hors service pour réparation ou maintenance — F16 en Belgique, Tanks en Allemagne, canons d’artillerie en Pologne… Le but est donc l’épuisement final non pas seulement du Banderistan mais de ses patrons européens. On peut même soupçonner que cet objectif du Kremlin pourrait s’accompagner d’un changement de « régime », non pas à Kiev, qui n’a guère d’importance, mais dans l’ensemble de l’Europe. Je parle bien d’un vrai changement de régime, celui réclamé par une majeure partie des populations européennes, et non de changements cosmétiques comme celui de remplacer le clone n°4 par le clone n°5, un changement qui verra vraisemblablement la fin de l’UE ou, à minima, sa refonte complète.
Revenons au Groenland avant de conclure. Je ne suis pas sûr que l’achat forcé, même pour une bouchée de pain (une extorsion en réalité) du Groenland ait fourni à Trump un grand argument de campagne vis-à-vis des électeurs étasuniens. Je doute fort que ça puisse compenser à leurs yeux le prix grimpant du gazole, un sujet évidemment nettement plus central et proche pour le consommateur/électeur. Le prix moyen du galon étasunien se situe en ce moment vers 6,5$ tandis que dans notre pays, nous le payons plus de 10$ une fois le litre converti en galon. Presque bon marché en comparaison, vous me direz. Eh bien pas aux yeux de l’étasunien car le prix du galon de gazole a en fait doublé depuis la décision d’une association internationale de criminels d’agresser l’Iran. En fait, je ne suis même pas certain que la conquête du Groenland ait eu le moindre effet sur le consommateur étasunien. Franchement, ça n’est pas vendeur : que trouve-t-on là-bas à part des ours blancs et des kilomètres d’épaisseur de calottes glaciaires ? Toutefois, cette opération est incontestablement une réussite sur le plan géostratégique (et à long terme probablement plus importante que la captation du pétrole vénézuélien) d’autant plus si on a une mentalité de pirate ou de financier anglo-saxon. Elle a eu un autre effet indirect, très bénéfique quoique sans doute provisoire, celui de différer la conquête ou la prise de contrôle (mais nettement moins polie que pour le Groenland) de Cuba. Ainsi celle-ci peut garder pour un moment encore son titre, bien mérité selon moi vu sa situation géographique très difficile, d’Ile de la Liberté.
Et si Trump perd les élections à venir en fin d'année, je veux dire les perd vraiment, il est même possible qu’elle garde ce surnom pour les deux ans à venir. Car on peut être certains de deux conséquences si les Démocrates reviennent au pouvoir dans les deux chambres : première mesure, « impeachment » de Trump puis envoi au tribunal du bandit avec prison à la clef si l’exemption pour cause de grand âge ou de maladie n’est pas retenue ; seconde mesure, redirection des flux financiers, des forces et des moyens militaires encore disponibles (s’il en reste, ce qui n’est pas sûr) contre l’ennemi de (presque) toujours : la Russie. Je pense en effet qu’un certain nombre de dirigeants à la tête de l’empire ont réalisé que le danger immédiat pour l’Hégémon ne venait pas prioritairement, comme ils le pensaient encore il y a peu, de la Chine. Les pouvoirs dans l’Empire, l’Hégémon, sont en effet divisés, je parle des pouvoirs de facto, et non in jure, et peuvent être grossièrement distribués ainsi : 5% pour le VRP qu’on appelle ici POTUS, peu importe sa couleur, 5% pour le gouvernement en place quel que soit sa couleur ou son animal fétiche, 10% pour le congrès, 10% pour le Sénat, 10% pour le Pentagone, 10% pour le MIC, 15% pour le chef de la CIA, la part restante pour les lobbys de la finance mondialisée (sorte d’économie virtuelle incapable de produire quoique ce soit d'utile, encore moins en temps de crise) avec un plus si vous avez la nationalité US. Cela peut sembler une surprise pour un Français que le directeur de la CIA aie trois fois plus de pouvoir réel que le Président US ou que son gouvernement (les rapports sont très différents en France) mais c’est une découverte que fait chaque Président US depuis au moins Kennedy et la tendance ne fait que s’accentuer. Plus récemment, Bill Clinton en a offert un magnifique exemple quand il a voulu — sincèrement, je crois — intégrer la Russie dans l’Occident collectif. Poutine était déjà au pouvoir : il est donc parfaitement conscient de cette particularité dans la distribution des pouvoirs chez l’ennemi.
Il y a encore deux ou trois ans, Poutine qualifiait, non sans humour, les leaders étasuniens ou européens de « partenaires ». Je ne crois plus qu’il les appelle ainsi, même pour plaisanter. En fait, je crois qu’il ne les appelle plus du tout. C’est mauvais signe. Car ceux au Kremlin dans l’ombre de Poutine sont plus durs, nettement moins courtois. Durant quatre ans, Poutine a écouté les récriminations de ses vrais partenaires concernant l’Opération Militaire Spéciale, Inde, Turquie, Egypte, Indonésie en particulier ; il ne les écoute plus. Ou plutôt il les écoute toujours mais leur répond poliment par une fin de non-recevoir. Oui, admet-il, cette guerre rend le commerce international plus difficile et je comprends vos inquiétudes de commerçants. Oui, nous aussi, Russes, préférions la paix et commercer avec tout un chacun si nous pouvions choisir. Eh bien c’est justement le but que nous poursuivons : obtenir la paix, une paix durable à notre frontière ouest et probablement toutes les autres dans la foulée. C’est ce que dit Poutine et nous avons toutes les preuves que telle est bien son intention. Et le moyen d’obtenir cette paix, le seul moyen possible quand on doit traiter avec des jusqu’au-boutistes comme le sont les leaders européens est donc l’attrition. Cette méthode est lente mais sûre quand on a l’avantage de la production industrielle (et donc des armements), de la production énergétique, de la production agricole, de la disponibilité financière. J’ignore s’il y a eu concertation ou s’il s’agit d’une distribution des rôles naturels mais il est évident que la Russie s’occupe de l’attrition militaire tandis que la Chine s’occupe de l’attrition économique, et sans doute bientôt financière. Tous deux sont très efficaces dans leur domaine de compétence. De ce fait, on peut tirer l’enseignement que la Russie a tout intérêt à faire durer la guerre en Ukraine (mais ne peut pas le dire puisque cela froisserait tout un groupe de gens chez les partenaires, y compris en Russie) de même que la Chine a tout intérêt à faire durer la confrontation économique des blocs, qui tourne invariablement à son avantage. Poutine comme Xi sont arrivés à la conclusion qu’ils avaient affaire à des adversaires dangereux, amoraux, proches du fanatisme, mais incompétents. Je pense que cela doit les étonner eux-mêmes parfois de constater une telle incompétence au plus haut niveau. Évidemment, ce mélange de fanatisme et d’incompétence, avec bouton nucléaire en prime, est dangereusement explosif. C’est pourquoi ces deux grands hommes d’État (nous avons totalement oublié ce que c’est par ici, voici un rappel utile) procèdent très prudemment, par petits pas, faisant monter très lentement la température autour du forcené.
Que ce soit Poutine ou un autre à la tête du Kremlin, la Russie ne fera plus de cadeau à l’Occident et ses lamentables larbins du Moyen ou de l’Extrême Orient. Le sang a coulé, comme on dit, et le prix a monté terriblement. Il est certain que la montée en puissance de l’armée iranienne puis yéménite (celle qui compte, celle des Houthis) est en grande partie due à une réactualisation intense de leurs moyens et de leurs méthodes militaires par l’armée russe. L’expérience acquise doit profiter à tous les vrais amis, n’est-ce pas ? Je reviens sur ce point déjà discuté mais c’est particulièrement flagrant. Lors de la guerre des 12 jours, l’an passé, l’Iran n’avait pu abattre qu’un seul objet volant de l’ennemi, un drone. Moins d’un an plus tard, elle fait tomber ou détruit au sol avions, hélicoptères et drones lourds US comme des insectes. Et je ne parle pas des navires. Puis on voit les Houthis mettre en déroute les envahisseurs saoudiens ou yéménites alliés à l’envahisseur (et appuyés par le Pentagone) alors que le statuquo dans la région durait depuis une dizaine d’années. La précision, la longueur et la puissance de frappe, l’efficacité ne sont plus du tout les mêmes. Et ce n’est qu’un début. Il reste quantité de moyens que les Russes pourraient fournir à ces pays pour durcir encore la situation de l’armée US et ses sombres acolytes dans le Golfe. L’armée US vient déjà de quitter l’Irak (enfin !) contrainte et forcée ; la grande débâcle s’est annoncée ici. Elle se poursuivra dans l’ensemble du Moyen-Orient, jusqu’au bout, jusqu’à la base ultime, c’est-à-dire quand les colons israéliens feront leurs valises et retourneront d’où ils sont venus. La débâcle ne va pas non plus tarder à atteindre l’Europe. On en aura un signe clair quand l’armée US commencera à vider ses bases sur le sous-continent.
Malheureusement pour nous, le sort de l’Europe sera sans doute le pire d’entre tous les vassaux de l’Empire. Nous n’avons aucune carte, vraiment aucune, et nous avons voulu jouer les durs. Et dieu que nous avons mal choisi notre adversaire ! Mais peut-être est-il vrai que nous n’avons rien choisi en fait, poussés que nous sommes sans cesse par l’ami américain. Non, les USA ne viendront pas à notre secours, quel que soit le parti au pouvoir, oubliez ça; il faut être aveugle pour ne pas le savoir après tous les exemples de désertion étasunienne dès que les choses devenaient trop corsées. Un imbécile autrichien, Président de son état je crois, vient de déclarer qu’un nain se prenait pour un géant en parlant de la Russie (ce qui est grotesque) mais c’est une définition qui colle parfaitement à l’Europe actuelle. Un nain veut se battre avec un géant. Avec quoi ? On ne sait pas. En mettant les Ukrainiens devant, ah oui, mais les esclaves sont de plus en plus difficiles à trouver et à recruter au Banderistan. Compter sur les volontaires de l’Eurozone ? autant croire au Père Noël. Vous sentez la jeunesse européenne désireuse d’en découdre avec les méchants russes ? quelle blague ! C'est avec l'Etat, avec sa police qu'elle veut en découdre. Mobiliser de force ? c’est la recette assurée de l’implosion de nos sociétés, encore plus rapidement que prévue. Et d’ailleurs cela ne servirait pas à grand-chose. La Russie ne va pas nous attaquer, rassurez-vous; elle n’en ni l’envie ni le besoin. Nous sommes parfaitement capables de nous détruire tout seul, surtout si on nous aide un peu ; c’est ce que nous faisons depuis des décennies. Mais si nous sommes assez fous pour l’attaquer, elle a déjà prévenu de ce qu’elle ferait. On devrait vraiment l’écouter, pour une fois. Pour nous, elle ne versera pas une pinte de sang de soldat russe de plus, elle utilisera d’autres moyens que pour les Ukrainiens, où elle a beaucoup de famille, au sens propre, et beaucoup d’histoire, de culture communes, beaucoup de racines.
Je ne dirais pas que l’Europe disparaitra mais ce qui en restera après ne vaudra pas le prix d’achat du Groenland par Trump.

*L’accord passé apparemment entre Trump et Poutine pour autoriser des livraisons de gazole aux USA ressemble plus à un coup médiatique avant élections du bonimenteur numéro 1. Il est probable que comme la plupart des « merveilleux » deals de Trump, cela finira par accoucher d’une souris.


dimanche 27 septembre 2026

Timber Timbre de Taylor Kirk (ou vice-versa) : trop vieux pour mourir jeune

 


    Je ne pensais pas écrire un nouvel article musical cette année et plutôt poursuivre dans une veine vastement philosophique mais j’ai été récemment frappé, avec retard comme souvent, par une nouvelle concernant Taylor Kirk, ce genre de nouvelles qu’on qualifie coutumièrement de triste : celle qu’il craignait et vénérait depuis toutes ces années, sa muse la plus fidèle est venue toquer à sa porte en avril de cette année. J’imagine que ça n’a pas été une grande surprise ; il l’attendait depuis longtemps, la belle dame de ses rêves. Mais nous ne sommes pas jaloux. Nous avons tous à notre tour rendez-vous avec cette belle inconnue, n’est-ce pas ?
Si j’étais un glorieux adepte de la grande science numérologique, je soupçonnerais que les nombres pairs aient un effet vibratoire fortement négatif sur Timber Timbre et plus précisément sur son chanteur, auteur, compositeur principal et généralement unique, Taylor Kirk. Et je ne dis pas ça (seulement) parce qu’il est mort en 2026, année paire, en avril, mois pair, un mardi 14, jour doublement pair, à 44 ans, autre nombre pair, beaucoup trop jeune pour mourir mais néanmoins « trop vieux pour mourir jeune », comme il chantait avec, je crois bien, un brin d’auto-dérision en plus de son cynisme habituel. Cela n’aurait rien pour m’étonner car j’ai personnellement un problème avec les années impaires, depuis au moins ma naissance. Et comme Kirk est l’inspirateur et le créateur essentiel du groupe, ces mauvaises ondes émises par les nombres pairs permettraient ainsi de trier aisément les bons albums des moins bons du groupe : il suffirait de considérer le numéro d’opus ou bien l’année de fabrication ou les deux ensemble et de croiser les données. Moi, je sais quand j’écris des histoires et les années paires, à une seule exception près, sont nettement plus fécondes et productives que les années impaire. Vous pouvez rire ou hausser les épaules de pitié, mais c’est un constat brut (je ne sais pas si ça marche aussi pour les articles, il faudrait que j’étudie la chose). Et si ça marche pour moi, me dis-je, ça peut marcher aussi pour d’autres, alors pourquoi pas Kirk.
Bon, je ne sais pas en quelles années ont réellement été conçus, imaginés, composés les différents albums de Timber Timbre et c’est ce qui compte, n’est-ce pas, plutôt que la date de sortie. Restent pour le confirmer les numéros d’opus de ses œuvres, en solo ou en groupe. Les opus 1 et 2, Cedar Shakes et Medicinals, ne se distinguent pas clairement à mes oreilles, sinon que les rythmes du second sont un peu plus monotones. Ce qui est clair, c’est que ces disques (des projets solo de Kirk en réalité) ont un son un peu trop brut et râpeux pour coller vraiment avec le tour d’esprit plutôt sophistiqué et quelque peu torturé de leur auteur. Mais pour la fraîcheur et le charme, je mettrai en effet le numéro 1 avant le numéro 2, d’une courte tête. C’est vraiment avec l’opus n° 3 et tout le confort moderne apporté par un vrai studio d’enregistrement et de vrais musiciens d’accompagnement, ce qu’on appelle un groupe quoi, que les morceaux de Kirk prennent leur envol et en fait atteignent immédiatement leur altitude de croisière, une altitude tout à fait impressionnante, presque stratosphérique, certes plus élevée que les voies trop fréquentées des gros porteurs ordinaires. C’est effectivement une des caractéristiques de la musique de Timber Timbre quand elle est réussie, que d’être à la fois très sombre, très louche, très creep, creepy, creeping pour reprendre une famille de mots visiblement appréciée de Kirk, et pourtant faite d’une matière très aérée, très spacieuse, très claire. L’opus n°3, sans autre nom que celui du groupe, est donc une telle réussite. S’il a des défauts, je ne les ai pas trouvés. Toutefois, si j’ai choisi un titre de cet album pour illustrer musicalement et orner graphiquement la tête de cet article, ce n’est pas parce qu’il est mon préféré mais parce que c’est leur pochette la plus réussie, selon moi (j’espère que vous êtes en train d’écouter ce morceau tout en lisant mon article : très belle musique, n’est-ce pas ?). L’opus suivant, le numéro 4 donc, intitulé Creep on creepin’on, est un creux entre deux sommets, ce qui confirme la règle de fer édictée plus haut. Ici, le groupe fait ce que j’appelle de l’autoparodie, ce qui est un peu tôt après un seul album (de groupe). De toute façon, c’est un genre que j’apprécie peu en général et encore moins dans ce cas précis. Il faut ici dire un mot de l’univers personnel particulier de Kirk (c’est vraiment le sien et seulement le sien).
À mon avis très influencé par le cinéma (en plus de sa propre biographie), celui qui est « noir c’est noir il n’y a plus d’espoir » qui va de Freaks ou de M le Maudit jusqu’aux plus récents Seven, Zodiac du spécialiste es-serial killers, le talentueux David Fincher (je recommande d’ailleurs plutôt sa série télé Mindhunter, assez récente pourtant, d’une sobriété remarquable et dénuée du voyeurisme presque inévitable avec ce type de sujet). La caricature d’un genre déjà très lourd, même mêlée d’auto-dérision, donne ici un résultat assez irritant quoique non dénué de séductions sonores, et de toute façon très inférieur à l’opus précédent, aussi bien pour la forme que pour le fond. Je retiens néanmoins le titre n° 7 (très bon chiffre paraît-il, sauf si on casse un miroir) pour ce texte, bien trouvé, en plus de s’être révélé quelque peu prophétique : « Too old to die young ». Avec l’opus n°5, Hot dreams, on retrouve les hauteurs du numéro 3, on est peut-être même encore un peu plus haut. Ce mariage entre textes noirs, ambiances macabres et musique très lumineuse, très spacieuse, très nette (sans flou aucun) est vraiment un plaisir à l’écoute. Une grande beauté sonore. Là encore, je n’ai pas trouvé de défaut notable, autre que les obsessions habituelles de son auteur pour les histoires d’amour qui finissent très, très, très mal. La science numérologique est impitoyable : l’opus numéro 6 (un très mauvais chiffre de toute façon) est donc un ratage, le seul véritable ratage du groupe. Même le titre de l’album est laid : Sincerely, future pollutions. On peut éventuellement faire une exception pour le titre n°1, Velvet gloves and spit, si on est d’humeur généreuse. Il y a probablement une erreur d’aiguillage au départ, une direction artistique erronée : cette route n’était visiblement pas la bonne pour ces musiciens. Il y a aussi — mais les deux causes ne sont pas indépendantes — un manque d’inspiration flagrant. Oui, l’inspiration compte en art. Ni le talent (considérable chez Kirk) ni le travail ne peuvent compenser ou combler le vide d’âme, l’élan créateur, la divine vibration. L’opus N°7, qui est le dernier sorti, sera donc leur album final (puisque je vois mal comment un groupe comme Timber timbre pourrait continuer sans Kirk, ce serait comme des planètes voulant tourner sans leur étoile). Lovage, c’est son titre, est une plante courante de la famille du céleri. Je suppose qu’il y a d’autres idées contenues dans ce titre mais je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient être… Eh bien, ce n’est pas un mauvais titre. L’album est d’ailleurs intéressant, nettement plus intéressant que le précédent, plus inspiré justement, et devient carrément bon à partir du titre n°7, Holy motors. Il me paraît néanmoins plus inégal que les opus n°3 et 5, trop inégal pour pouvoir leur disputer la palme du chef d’œuvre. Il y a aussi une note plus funèbre dans ce disque, un peu moins le sentiment des grands espaces, quelque chose de plus confiné (à l’image de la pochette intérieure, un simple salon plongé dans la pénombre) de plus intime aussi. Très franchement, l’impression première est celle d’un album solo de Kirk avec des accompagnateurs, ou plutôt un accompagnateur, le pianiste. C’est en effet le piano qui domine l’album, plus que la guitare, ce qui est une surprise pour ce groupe en général et pour Kirk en particulier. La note funèbre dont je parlais plus haut résonne ici ou là, mais surtout sur les trois titres finaux, et cela n’a rien à voir avec le folklore morbide habituel de Kirk, toujours bien présent (« If you want to see a dead body… », 800 pristine corpses, etc). Le 8 est un très mauvais chiffre pour Kirk puisqu’il n’était pas Chinois, tout comme le nombre 800 donc. Je ne pense pas avoir imaginé cette note funèbre, influencé que j’aurais été par la connaissance de la mort très précoce de Kirk (mais tout de même pas assez précoce pour mourir jeune) puisque lorsque j’ai découvert cet album, j’ignorais la nouvelle. Tout au plus peut-on noter que la pochette n’aide pas à la gaité. Le fait qu’elle soit en noir et blanc n’est pas la raison puisque toutes les pochettes de Timber Timbre le sont. Mais ce piano à peine éclairé avec dessus cinq fausses bougies semble plutôt un décor d’ambiance pour funérarium. Lovage est aussi le nom du soi-disant dernier titre, ce fatal numéro 8, une manière très réussie, très émouvante je dois dire, de clore cet ultime album. Eh bien non en fait, la grande science numérologique n’a pas dit son dernier mot. Kirk a en effet ajouté un dernier titre, caché, mais un vrai morceau, pas comme ces bruitages dispensables et très longuets qu’on peut parfois trouver sur des fins d’album (comme Kid A pour prendre un des meilleurs). Ce n’est pas une interprétation de ma part, c’est un fait et un fait que je peux chiffrer précisément. Le dernier titre, Lovage, crédité sur la pochette, dure 3mn 40s — c’est marqué dessus — et se termine en effet à 3mn 40s sauf qu’une chanson toute différente, et à guitare(s), commence à 3mn 41s pour se terminer selon mon lecteur à 6mn 19s. Il y a donc bien en réalité 9 morceaux dont un sans titre mais qui aurait pu être With you, 9 qui est le chiffre de la perfection selon Dante, même si on réside en enfer.

Taylor Kirke était un excellent showman, à sa façon, en concert : voici donc un des meilleurs enregistrements live que j’ai pu trouver du groupe, au pic de leur forme, en France, à Paris j’imagine.


Cet article est terminé mais je voudrais en profiter pour me fendre d’une sorte de bref hommage au Canada, pays qui ne m’inspire généralement que très peu et encore plus rarement pour m’émerveiller. Kirk était en effet Canadien comme les autres musiciens de son groupe. Comme souvent ou même toujours, j’ai pris le train en marche pour Timber Timbre, vers 2013 ou 2014. En tout cas, c’était l’année ou un autre groupe canadien, the Besnard Lakes, avec à sa tête un autre grand guitariste, Jace Lasek, a sorti ce bel album au titre incompréhensible, Until in excess, imperceptible UFO, dont j’ai parlé ici. La musique très (trop ?) inactuelle des Besnard Lakes est parfois qualifiée de rock impressionniste, ce qui semble être une catégorie créée spécialement pour eux, ou plus souvent de néo rock progressiste, ce que je traduis par rock pour musiciens demi-savants. Ils ont d’ailleurs récidivé en 2021 avec un album peut-être encore plus beau, au moins pour la pochette : The last of the great thunderstorm warnings. Mon impression est que dans cet album les Besnard Lakes ont décidé qu’ils allaient enfin faire ce qu’ils avaient vraiment envie de faire depuis toujours et d’envoyer au diable toute autre considération. Et sans doute le peuvent-ils car le vrai métier de Jace Lasek, celui qui fait rentrer des sous régulièrement, est d’être ingénieur du son et producteur pour tout un tas d’autres musiciens canadiens (il possède un studio d’enregistrement à Montreal). Dégagé des mesquineries ordinaires et autres mondanités ennuyeuses, The Besnard Lakes nous sort alors le grand jeu et tout ce qu’on adorait ou détestait avant se retrouve ici à la puissance 2 ou 3. C’est le nec plus ultra de leur style, grand flou en diable, tout le contraire de la précision et de la concision kirkiennes. Et comme ils ont décidé de ne rien se refuser avec The last warnings, pourquoi pas un double album, hein ?! Il s’agit en effet d’un double album, un concept album dont le concept est la mort, bien que je le trouve au final nettement plus guilleret que n’importe quel opus de Timber Timbre. Et comme dans tout double album prog qui se respecte, on trouve un de ces titres à rallonge, aussi inévitable que terrible, mortellement long, dix-huit minutes s’il vous plait. La musique de Timber Timbre et de the Besnard Lakes sont donc presque à deux extrémités opposées du spectre musical, à l’intérieur duquel, en restant dans ce pays et dans ce millénaire, on pourrait aussi trouver les remarquables Patrick Watson, Lhassa (qui était Étasunienne mais vivait et travaillait au Canada), Black Mountain, Godspeed you black emperor, pour ne citer que mes préférés. Comment un pays aussi insignifiant, la Belgique des USA, peut sortir autant de pointures dans le domaine musical moderne, en particulier depuis la fin des années 90, est un mystère total à mes yeux. Comparez avec notre pays ! Peut-être parce qu’ils sont à moitié, voire aux trois-quarts, Anglais ? Il y a tellement d’études scientifiques bidon qui se font chaque année de nos jours que je m’étonne qu’on n’ait pas encore eu l’idée pourtant très raisonnable de faire une étude sur la corrélation entre la génétique de “l’Anglais” et la capacité à produire de la bonne musique blues pop rock.

La pochette très belle, la plus réussie de toute leur carrière, due aux pinceaux d’une artiste contemporaine, et probablement voisine alors du couple Lasek/Goreas, Corri-Lynn Tetz. Très curieusement, pour une artiste spécialisée dans l’érotisme féminin, un peu niais, elle réussit ce très beau paysage onirique, collant parfaitement avec l’ambiance de l’album.