mercredi 14 octobre 2026

La conquête du Groenland et autres actualités trop incroyables pour être vraies

Une "IA" qui est devenue réalité, pour une fois

 

Donc, le Groenland est passé sous contrôle des USA, dans une discrétion stupéfiante si on considère l’ampleur politique de cet événement. Discrètement car les MSM européennes n’ont rien fait pour éclairer leurs bons peuples sur cette question… heu, embarrassante. Après tout, cela faisait longtemps qu’une partie d’un pays d’Europe occidentale, puisqu’on considère que le Groenland fait partie du Danemark, n’avait pas été réduit au statut de propriété coloniale d’une puissance étrangère, et cela tout à fait officiellement. La cession de facto (quoiqu’un autre terme officiel et plus diplomatique ait été employé) de la grande île du Nord par le Danemark aux USA a été en effet très officiellement ratifiée par la première ministre danoise devant l’ONU, qui se situe, comme chacun sait à New-York, la ville de Trump. Frederiksen, la blonde en question, m’a beaucoup rappelé à cette occasion sa collègue brune, Delcy Rodriguez du Venezuela, signant la cession du pétrole domestique aux USA sous le regard mi-narquois mi-sévère du directeur de la CIA, après avoir déjà vendu son Président, Nicolas Maduro, à la même CIA. Si vous aviez encore le moindre espoir que des individus femelles seraient de meilleurs leaders, plus humains ou plus réglo, abandonnez-le. Notez que le Danemark, ou son représentant groenlandais, perd non seulement tout mot à dire sur la question militaire, ce qui à vrai dire ne change pas grand-chose sinon de rendre officiel ce qui était déjà officieux, mais aussi et surtout sur la question économique. Dorénavant, tout investissement sur l’île de glace doit être approuvé par les USA et personne d’autre : c’est écrit noir sur blanc sur le parchemin qu’a signé la dame en souriant à la caméra. Il est difficile d’imaginer une perte volontaire de souveraineté plus complète et plus polie. Mais qu’on se rassure, le Groenland restera autonome et danois sur Wiki et sur les manuels de l’écolier danois… du moins tant que l’agité du bocal n’aura pas décidé de le renommer l’île Trump.
Pourquoi le Danemark et derrière lui l’Europe ont accepté le « deal » sans broncher, alors qu’ils avaient fortement protesté lors de la première tentative de Trump et sa bande de pirates ?En fait l’Europe ne s’est pas contentée de se taire, ce qui est déjà abject, mais elle a pressé le Danemark et sa blonde en chef, qui n’a rien de Jeanne d’Arc, d’obéir au maître. Pourquoi ? Eh bien la réponse se trouve à l’Est. Il ne s’agit pas de fâcher l’empereur quand on a pour plan principal et unique de s’attaquer à la Russie. Qui fournira les armes, qui fournira les renseignements satellitaires si cruciaux, les communications Starlink, si l’empereur est mécontent de ses vassaux ? Des vassaux qu’il considère déjà comme très dispensables et donc sacrifiables. Et si le maître décidait de laisser ses vassaux se débrouiller tout seuls avec le géant de l’Est ? Quelle peur bleu alors, n’est-ce pas ! C’est qu’on ne pourrait plus se cacher derrière les Ukrainiens ! Il faudrait soi-même intercepter les objets volants divers et variés que ne manqueraient pas de nous envoyer les Russes avec nos centrales, nos usines, nos stockages d’armes, nos réseaux énergétiques, nos base militaires, aériennes, terrestres et maritimes. Eh bien on peut prévoir un taux d’interception par les dits objets, proche de 100%, vu que l’Europe est pratiquement sans défense aérienne (et soyons honnête, le maître n’a de toute façon plus grand-chose en stock à nous donner… je veux dire bien sûr à nous vendre à prix d’or).
La guerre totale des drones décrétées par Zelensky et ses patrons européens coûte cher, très cher, premièrement parce que la Russie est un très grand pays et que ses installations énergétiques ou militaires sont distribuées sur tout le territoire, ce qui nécessite d’envoyer des drones de très longues portée, qui sont plus onéreux. Et secondement parce que la défense aérienne russe est supérieure de plusieurs ordres de magnitude à celle de l’Ukraine (et de tous ses sponsors), il en faut des quantités gigantesques pour espérer passer à travers les couches imbriquées de défense aérienne et toucher quelques cibles, quelque fois. Leur taux de réussite est passé dernièrement en dessous de 1% (celui qu’on vous montre à la télé pour vous assurer que votre argent est bien employé). Lors de la campagne de 2025, à son pic, les exportations russes de pétrole avaient diminué de 3%. Lors de la campagne de cette année, à son pic qui s’est produit vers juillet/août, les exportations de pétrole russes ont baissé de 10%. Je sais bien que les MSM donnent d’autres chiffres, comme quoi elles seraient divisées par deux, que la moitié des raffineries du pays seraient entièrement détruites (deux points d’ailleurs différents). Ce mensonge complètement farfelu est à plusieurs niveaux ici. Et il ne peut fonctionner qu’en raison de l’ignorance formidable des peuples ciblés, nous en clair (ignorance soigneusement créée puis entretenue depuis longtemps) concernant le géant asiatique (puisque nous avons décidé qu’il n’était pas européen). L’idée que quelques impacts de drone pourraient détruire des installations entières de cette taille est une affirmation plus que fantastique. Informez-vous autrement (c’est toujours permis et Internet est très difficile à censurer efficacement, croyez-moi), voyagez (oui, il est toujours possible et relativement facile de voyager en Russie en tant que touriste, même pour un Français, en dehors de quelques sites jugés sensibles qui d’ailleurs ne vous intéresseraient probablement pas) et vous comprendrez pourquoi ces affirmations de nos médias sont complètement irréalistes en plus d’être fausses. En réalité, le seul résultat qu’ont provoqué les frappes de l’Otasunie sur quelques parties de quelques raffineries russes a été l’arrêt des exportations de gazole, ce qui me dit-on ennuie considérablement le détenteur d’un véhicule diesel… européen et étasunien (comme l’a montré récemment le coup de téléphone de Trump au Kremlin), mais pas du tout le consommateur russe, au contraire, puisque c’est le meilleur moyen de faire baisser les prix domestiques. Joli coup n’est-ce pas ? Les Russes n’exportent pas que du gazole. D’abord et surtout, ils exportent du pétrole brut. Eh bien qu’ont-ils fait ? Tout simplement, ils ont augmenté leurs exportations de brut pour compenser l’arrêt des exportations de gazole* ; vous pouvez vérifier, ces chiffres n’ont rien de secret, même si nos MSM se gardent de les montrer. Alors maintenant calculez quel peut être le résultat au bilan final de cette opération, qui a couté des milliards, en particulier à l’Europe, quand les exportations russes n’ont reculé au mieux que de 10 % et que les prix du pétrole ont grimpé au minimum de 40% (c’est vraiment un minimum car à l’heure actuelle le pétrole brut russe s’achète 20% au-dessus du cours du Brent qui lui-même est au-dessus de 100 € le baril). Alors vous ne serez pas surpris quand à la fin de l’année ou chez nous l’an prochain, vous apprendrez que les recettes pétrolières de la Russie ont augmenté cette année par rapport à l’an passé et que les caisses de l’Etat se sont un peu plus remplies (elles sont déjà bien garnies) puisqu’au début de l’année le Kremlin avait tablé pour établir son budget sur un prix moyen du baril de pétrole de 60$, ce qui doit faire entre 55 et 60 € selon les jours.
Il y a un point sur lequel les dirigeants européens, aussi déconnectés du réel qu’ils soient, ont raison d’insister : la guerre en Ukraine est l’événement pivot, le moteur central de la transformation du monde en cours opérée par les forces anti-impériales. Si les USA n’arrivent à rien contre l’Iran, et même contre le Yémen des Houthis (à travers leur âmes damnées israéliennes ou saoudiennes), c’est que leur stock d’armes offensives et défensives a été fortement épuisé par les livraisons continuelles vers le Banderistan, puisque celles-ci sont au fur et à mesure détruites par l’armée russe. Trump ne ment pas, pour une fois, quand il dit que c’est la politique de Biden (ou de ceux qui tiraient les ficelles) qui a créé cette pénurie d’armements, qu’on peut qualifier sans hésiter de stratégiques. La quantité envoyée à Kiev a été sous Biden en effet incomparablement plus importante que le mince filet qui parvient encore à s’écouler jusqu’au Dniepr. Mais alors pourquoi attaquer l’Iran ? La Russie ne pouvait espérer mouvement plus favorable de l’ennemi. Cela lui permet de rendre la monnaie de la pièce aux USA par proxys interposés. Merci Trump. Après merci Biden (pour l’imbécilité des sanctions, voir ici), merci Trump pour ce nouveau cadeau. Le plan de la Russie est l’attrition de l’adversaire. Et l’attrition se poursuit, sous un horizon ou sous un autre mais avec le même effet : la paralysie toujours plus grande de l’Occident collectif. Car la Russie ne vise pas l’Ukraine mais l’OTAN au complet, dans son plan d’attrition.
L’attrition — c’est-à-dire l’épuisement des forces militaires et logistiques, sinon économiques, de l’adversaire — doit se poursuivre jusqu’à son terme, qui est la capitulation de l’adversaire sous une forme écrite ou non. Son achèvement se reconnait au fait que le vaincu accepte la volonté politique du vainqueur, qui atteint ainsi son but. Quel est le but du Kremlin ? Ce n’est pas la défaite de l’armée bandériste. Ce n’est pas non plus un changement de régime à Kyiv. Pourquoi ? Parce que cela ne permettrait pas d’atteindre le véritable objectif qui est l’attrition du bloc occidental et tout spécialement de sa partie la plus faible, l’Europe. Le Kremlin est arrivé à la conclusion qu’aucune paix durable ne sera possible avant un épuisement très substantiel des ressources de l’Occident et de l’Europe en particulier. Il a également noté la tendance de plus en plus accusée des leaders européens vers le suicide économique, social et politique, le plongeon dans l’abîme ; cela lui convient, le Kremlin est tout à fait satisfait par la voie que nous prenons et est prêt à nous donner un coup de main pour accélérer encore notre course vers la falaise. Cette volonté du Kremlin est patente dans le rythme qu’il a récemment adopté dans ses opérations sur la ligne de front. Bien que l’armée ukrainienne soit incontestablement très affaiblie par rapport à il y a deux ans (quand le gouvernement Biden octroyait encore au sous-Reich des quantités considérables d’armements) et même par rapport à l’an passé, quand les européens ont repris fièrement le flambeau et consacré des sommes gigantesques et totalement disproportionnées à ses finances au projet Ukraine (qui, je le rappelle, était au départ et jusqu’à très récemment un projet étasunien), l’avancement des troupes russes s’est ralenti, sauf dans des oblast périphériques, et pour ainsi dire optionnels, comme Hrarkoff et Soumy. Il est clair que la libération totale des quatre oblasts de la Novorussia (Donietsk, Lougansk, Zaparojia et Hrerson) est devenue un objectif secondaire par rapport à l’attrition des forces occidentales, européennes en premier lieu. L’Ukraine, et plus particulièrement l’Est et le Sud de l’Ukraine, sont juste les terrains convenables pour mener cette guerre d’attrition, en concentrant les moyens européens dans une zone relativement petite et surtout proche de la frontière russe, facilitant ainsi la logistique et diminuant les coûts pour les Russes, tout en compliquant la logistique et augmentant les coûts pour l’adversaire. Avoir toutes les têtes de l’hydre au même point rend le saignement à blanc plus facile à exécuter. Notez que cet avantage de raccourcissement logistique n’est pas plus valable pour l’Ukraine que pour l’Europe puisqu’elle ne produit pratiquement plus rien et doit faire venir (aux frais de l’envoyeur) ses armements, ses matériels de rechange d’infrastructures et d’installations depuis l’Europe, les USA, la Corée du Sud même parfois et puis doit renvoyer vers l’Europe certains systèmes hors service pour réparation ou maintenance — F16 en Belgique, Tanks en Allemagne, canons d’artillerie en Pologne… Le but est donc l’épuisement final non pas seulement du Banderistan mais de ses patrons européens. On peut même soupçonner que cet objectif du Kremlin pourrait s’accompagner d’un changement de « régime », non pas à Kiev, qui n’a guère d’importance, mais dans l’ensemble de l’Europe. Je parle bien d’un vrai changement de régime, celui réclamé par une majeure partie des populations européennes, et non de changements cosmétiques comme celui de remplacer le clone n°4 par le clone n°5, un changement qui verra vraisemblablement la fin de l’UE ou, à minima, sa refonte complète.
Revenons au Groenland avant de conclure. Je ne suis pas sûr que l’achat forcé, même pour une bouchée de pain (une extorsion en réalité) du Groenland ait fourni à Trump un grand argument de campagne vis-à-vis des électeurs étasuniens. Je doute fort que ça puisse compenser à leurs yeux le prix grimpant du gazole, un sujet évidemment nettement plus central et proche pour le consommateur/électeur. Le prix moyen du galon étasunien se situe en ce moment vers 6,5$ tandis que dans notre pays, nous le payons plus de 10$ une fois le litre converti en galon. Presque bon marché en comparaison, vous me direz. Eh bien pas aux yeux de l’étasunien car le prix du galon de gazole a en fait doublé depuis la décision d’une association internationale de criminels d’agresser l’Iran. En fait, je ne suis même pas certain que la conquête du Groenland ait eu le moindre effet sur le consommateur étasunien. Franchement, ça n’est pas vendeur : que trouve-t-on là-bas à part des ours blancs et des kilomètres d’épaisseur de calottes glaciaires ? Toutefois, cette opération est incontestablement une réussite sur le plan géostratégique (et à long terme probablement plus importante que la captation du pétrole vénézuélien) d’autant plus si on a une mentalité de pirate ou de financier anglo-saxon. Elle a eu un autre effet indirect, très bénéfique quoique sans doute provisoire, celui de différer la conquête ou la prise de contrôle (mais nettement moins polie que pour le Groenland) de Cuba. Ainsi celle-ci peut garder pour un moment encore son titre, bien mérité selon moi vu sa situation géographique très difficile, d’Ile de la Liberté.
Et si Trump perd les élections à venir cet automne, je veux dire les perd vraiment, il est même possible qu’elle garde ce surnom pour les deux ans à venir. Car on peut être certains de deux conséquences si les Démocrates reviennent au pouvoir dans les deux chambres : première mesure, « impeachment » de Trump puis envoi au tribunal du bandit avec prison à la clef si l’exemption pour cause de grand âge ou de maladie n’est pas retenue ; seconde mesure, redirection des flux financiers, des forces et des moyens militaires encore disponibles (s’il en reste, ce qui n’est pas sûr) contre l’ennemi de (presque) toujours : la Russie. Je pense en effet qu’un certain nombre de dirigeants à la tête de l’empire ont réalisé que le danger immédiat pour l’Hégémon ne venait pas prioritairement, comme ils le pensaient encore il y a peu, de la Chine. Les pouvoirs dans l’Empire, l’Hégémon, sont en effet divisés, je parle des pouvoirs de facto, et non in jure, et peuvent être grossièrement distribués ainsi : 5% pour le VRP qu’on appelle ici POTUS, peu importe sa couleur, 5% pour le gouvernement en place quelle que soit sa couleur ou son animal fétiche, 10% pour le congrès, 10% pour le Sénat, 10% pour le Pentagone, 10% pour le MIC, 15% pour le chef de la CIA, la part restante pour les lobbys de la finance mondialisée (sorte d’économie virtuelle) avec un plus si vous avez la nationalité US. Cela peut sembler une surprise pour un Français que le directeur de la CIA aie trois fois plus de pouvoir réel que le Président US ou que son gouvernement (les rapports sont très différents en France) mais c’est une découverte que fait chaque Président US depuis au moins Kennedy et la tendance ne fait que s’accentuer. Plus récemment Bill Clinton en a offert un magnifique exemple quand il a voulu — sincèrement, je crois — intégrer la Russie dans l’Occident collectif. Poutine était déjà au pouvoir : il est donc parfaitement conscient de cette particularité dans la distribution des pouvoirs chez l’ennemi.
Il y a encore deux ou trois ans, Poutine qualifiait, non sans humour, les leaders étasuniens ou européens de « partenaires ». Je ne crois plus qu’il les appelle ainsi, même pour plaisanter. En fait, je crois qu’il ne les appelle plus du tout. C’est mauvais signe. Car ceux au Kremlin dans l’ombre de Poutine sont plus durs, nettement moins courtois. Durant quatre ans, Poutine a écouté les récriminations de ses vrais partenaires concernant l’opération en Ukraine, Inde, Turquie, Egypte, Indonésie en particulier ; il ne les écoute plus. Ou plutôt il les écoute toujours mais leur répond poliment par une fin de non-recevoir. Oui, admet-il, cette guerre rend le commerce international plus difficile et je comprends vos inquiétudes de commerçants. Oui, nous aussi, Russes, préférions la paix si nous pouvions choisir. Eh bien c’est justement le but que nous poursuivons : obtenir la paix, une paix durable à notre frontière ouest et probablement toutes les autres dans la foulée. C’est ce que dit Poutine et nous avons toutes les preuves que telle est bien son intention. Et le moyen d’obtenir cette paix, le seul moyen possible quand on doit traiter avec des jusqu’au-boutistes comme le sont les leaders européens est l’attrition. Cette méthode est lente mais sûre quand on a l’avantage de la production industrielle (et donc des armements), de la production énergétique, de la production agricole, de la disponibilité financière. J’ignore s’il y a eu concertation ou s’il s’agit d’une distribution des rôles naturels mais il est évident que la Russie s’occupe de l’attrition militaire tandis que la Chine s’occupe de l’attrition économique, et sans doute bientôt financière. Tous deux sont très efficaces dans leur domaine de compétence. De ce fait, on peut tirer l’enseignement que la Russie a tout intérêt à faire durer la guerre en Ukraine (mais ne peut pas le dire puisque cela froisserait tout un groupe de gens chez les partenaires, y compris en Russie) de même que la Chine a tout intérêt à faire durer la confrontation économique des blocs, qui tourne invariablement à son avantage. Poutine comme Xi sont arrivés à la conclusion qu’ils avaient affaire à des adversaires dangereux, amoraux, proches du fanatisme, mais incompétents. Je pense que cela doit les étonner eux-mêmes parfois de constater une telle incompétence au plus haut-niveau. Évidemment, ce mélange de fanatisme et d’incompétence, avec bouton nucléaire en prime, est dangereusement explosif. C’est pourquoi ces deux grands hommes d’État (nous avons totalement oublié ce que c’est par ici, voici un rappel utile) procèdent très prudemment, par petits pas, faisant monter très lentement la température autour du forcené.
Que ce soit Poutine ou un autre à la tête du Kremlin, la Russie ne fera plus de cadeau à l’Occident et ses lamentables larbins du Moyen ou de l’Extrême Orient. Le sang a coulé, comme on dit, et le prix a monté terriblement. Il est certain que la montée en puissance de l’armée iranienne puis yéménite (celle qui compte, celle des Houthis) est en grande partie due à une réactualisation intense de leurs moyens et de leurs méthodes militaires par l’armée russe. L’expérience acquise doit profiter à tous les vrais amis, n’est-ce pas ? Je reviens sur ce point déjà discuté mais c’est particulièrement flagrant. Lors de la guerre des 12 jours, l’an passé, l’Iran n’avait pu abattre qu’un seul objet volant de l’ennemi, un drone. Moins d’un an plus tard, elle fait tomber ou détruit au sol avions, hélicoptères et drones lourds US comme des insectes. Et je ne parle pas des navires. Puis on voit les Houthis mettre en déroute les envahisseurs saoudiens ou yéménites alliés à l’envahisseur (et appuyés par le Pentagone) alors que le statuquo dans la région durait depuis une dizaine d’années. La précision, l’efficacité n’est plus du tout la même. Et ce n’est qu’un début. Il reste quantité de moyens que les Russes pourraient fournir à ces pays pour durcir encore la situation de l’armée US et ses acolytes dans le Golfe. L’armée US vient déjà de quitter l’Irak (enfin !) contrainte et forcée ; la grande débâcle s’est annoncée ici. Elle se poursuivra dans l’ensemble du Moyen-Orient, jusqu’au bout, jusqu’à la base ultime, c’est-à-dire quand les colons israéliens feront leurs valises et retourneront d’où ils sont venus. La débâcle ne va pas non plus tarder à atteindre l’Europe. On en aura un signe clair quand l’armée US commencera à vider ses bases sur le sous-continent.
Malheureusement pour nous, le sort de l’Europe sera sans doute le pire d’entre tous les vassaux de l’Empire. Nous n’avons aucune carte, vraiment aucune, et nous avons voulu jouer les durs. Et dieu que nous avons mal choisi notre adversaire ! Mais peut-être est-il vrai que nous n’avons rien choisi en fait, poussés que nous sommes sans cesse par l’ami américain. Non, les USA ne viendront pas à notre secours, quel que soit le parti au pouvoir ; il faut être aveugle pour ne pas le savoir après tous les exemples de désertion étasunienne dès que les choses devenaient trop corsées. Un imbécile autrichien, Président de son état je crois, vient de déclarer qu’un nain se prenait pour un géant en parlant de la Russie (ce qui est grotesque) mais c’est une définition qui colle parfaitement à l’Europe actuelle. Un nain veut se battre avec un géant. Avec quoi ? On ne sait pas. En mettant les Ukrainiens devant, ah oui, mais les esclaves sont de plus en plus difficiles à trouver et à recruter au Banderistan. Compter sur les volontaires de l’Eurozone ? autant croire au Père Noël. Vous sentez la jeunesse européenne désireuse d’en découdre avec les méchants russes ? quelle blague ! Mobiliser de force ? c’est la recette assurée de l’implosion de nos sociétés, encore plus rapidement que prévue. Et d’ailleurs cela ne servirait pas à grand-chose. La Russie ne va pas nous attaquer ; elle n’en ni l’envie ni le besoin. Nous sommes parfaitement capables de nous détruire tout seul, surtout si on nous aide un peu ; c’est ce que nous faisons depuis des décennies. Mais si nous sommes assez fous pour l’attaquer, elle a déjà prévenu de ce qu’elle ferait. On devrait vraiment l’écouter, pour une fois. Pour nous, elle ne versera pas une pinte de sang de soldat russe de plus, elle utilisera d’autres moyens que pour les Ukrainiens, où elle a beaucoup de famille, au sens propre, et beaucoup d’histoire et de culture communes, beaucoup de racines.
Je ne dirais pas que l’Europe disparaitra mais ce qui en restera après ne vaudra pas le prix d’achat du Groenland par Trump.

*L’accord passé apparemment entre Trump et Poutine pour autoriser des livraisons de gazole aux USA ressemble plus à un coup médiatique avant élections du bonimenteur numéro 1. Il est probable que comme la plupart des « merveilleux » deals de Trump, cela finira par accoucher d’une souris.


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